J’aime les gens fêlés, ils laissent passer la lumière

« J’ai fait une connerie et…

basta » ?

« J’ai fait une connerie et basta »… ?

Telle est la réponse de l’ancien ministre de la culture sous François Mitterand et actuel directeur de l’Institut du monde arabe, Jack Lang, au micro de Sonia Mabrouk sur Europe 1, le 18 janvier 2021.

Apposer son nom à une pétition pro-pédophilie n’est pas une simple connerie. Non… Et oui, je sais, c’était il y a quarante ans. Il y avait eu mai 68… Oui mais voyez-vous monsieur Lang, les enfants d’il y a quarante ans, étaient des enfants. Même corps, même innocence, même fragilité. Des adultes en devenir, auxquels on a volé quelque chose, volé, cassé, brisé, violé. Et cela me répugne, me révulse.

Je repense à cet Apostrophe dédié à Matzneff, dans lequel il se vantait de n’aimer que les très jeunes filles et garçons. Je repense au rire de gorge de son auditoire, à Pivot qui ose, l’appeler « professeur d’éducation sexuelle ». J’ai envie de vomir. Heureusement, Denise Bombardier et sa colère m’avaient fait du bien…

Je repense à Cloclo, tellement adulé, qui se vantait d’apprécier les fillettes de 14 à 17 ans…

Comment peut-on défendre cela ? Ne me parlez pas d’effet de mode, je refuse cet argument. Heureusement, tous les adultes de l’époque n’ont pas « adhéré ». Un vent « libertaire »… Bien sûr. C’est tellement facile.

Certains noms dans cette pétition me sont douloureux à lire. Vraiment.  Celui d’Aragon, qui me donne envie de pleurer. Et le vôtre aussi, oui.

Parce-que, voyez-vous, monsieur Lang, je vous estimais. Vous étiez à mes yeux, un bon ministre de la culture. Vous étiez le « père » de la Fête de la Musique. 1982, j’avais 15 ans. Vous étiez pour moi celui qui comprenait les jeunes, qui les aimait. Voilà…

Celui qui aimait les jeunes.

J’avoue aujourd’hui me sentir mal…

Alors non, définitivement pas « basta »… Ce n’est pas quelque chose que l’on balaye du revers de a main.

« Pardon », à la rigueur.

A la rigueur…

La petite église jaune

Voici donc la nouvelle…

Je la dédie à toutes celles et ceux qui essaient, au péril de leur vie souvent, de fuir l’insupportable, l’invivable, l’insoutenable. Ceux qui veulent croire, coûte que coûte, malgré la peur, et le chagrin de la séparation. Ceux qui espèrent.

Il n’avait pas du tout envie d’aller perdre son temps à la messe.

Et pourtant la petite église romane semblait lui ouvrir les bras. Sobre, tout en pierres et en rondeurs, sa seule coquetterie résidait en ses vitraux étincelants. On avait envie de s’y réfugier ne serait-ce que pour s’y protéger des ardeurs du soleil.

Les fidèles arrivaient. Petites filles, habillées de blanc, nœud dans les cheveux et socquettes en dentelles, garçonnets en bermuda, chemisette, impeccablement coiffés ; leurs parents droits, fiers de leur progéniture avançaient déjà émus par le prêche à venir. Quelques grand-mères, protégées par leurs ombrelles tenaient le bras de celui qui les accompagnait. En ce dimanche de l’Assomption, il convenait d’oublier les turpitudes de la vie, de célébrer Marie et pourquoi pas, de lui confier ses secrets et ses peines.

Toussaint, adossé au mur de la pharmacie, les observait.

Il pouvait distinguer leurs rires un peu étouffés par la solennité du moment qu’ils s’apprêtaient à vivre, et aussi par la touffeur de cette fin de matinée d’été.

Une rue les séparait.

Une rue ? Non. Un monde plutôt.

Lire la suite