Voyage …

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Aujourd’hui … Une Sonate et La Dame de Fécamp

Nous sommes quelques membres du jury à l’avoir lu… Et  nous l’avons bien aimé. Et  nous aimerions bien le proposer dans la pré-sélection.

Un joli petit roman, très poétique. Une écriture, une composition courte, sobre, à la fois précise et suggérée… On tourne les pages et on arrive à la fin de l’histoire, sans même s’en rendre compte. J’ai dû relire ce texte une 2e fois ; j’avais l’impression d’être passée, trop rapidement, à côté de quelque chose.

Effectivement, la rencontre de deux êtres, brisés et involontairement solitaires, est bien décrite, tout en nuances et en douceur. Pas de révolte contre la vie, beaucoup de douleur, de peine, mais aussi d’espoir, conscient ou non. Des personnages nobles dans leurs sentiments et leurs actes.

J’ai beaucoup aimé la médiation exercée par les activités artistiques : la sculpture, la musique… De très jolis passages qui quelquefois marient les deux, lorsque Julie-Anne prend son violoncelle contre son corps, ou quand « l’artiste » modèle ses œuvres.

Ainsi donc Une Sonate et La Dame de Fécamp est retenue pour la pré-sélection du prix des Lions Club.

À suivre …

Honfleur orpheline

La jetée de Honfleur ne sera plus la même
L’écho de ton absence résonne dans mon cœur
Le cœur ensangloté, je suis là et je t’aime
Que deviendra sans Toi la jetée de Honfleur ?

Les pavés du bassin me parleront de Toi
De Toi, de mon enfance, ce que l’on s’est donné
La plage de Vasouy se souvient de ta voix
Et le vent, les embruns,  ton sourire adoré.

Les peintres du bassin cherchent ta silhouette
De ton regard rieur la mer a pris le bleu
L’écume des vagues le blanc de tes cheveux
Au bout de la jetée, j’entends les pleurs des mouettes.

Mais il est temps pour moi de te laisser partir
Déjà Toi tu t’éloignes sur la pointe de l’âme
Adieu mon Amie, ma grand-mère, ma Zazanne
Je vais rester sans Toi mais riche de nos rires.

Christelle Angano

3 octobre 2013

Prière Amérindienne

Quand je ne serai plus là, lâchez-moi !
Laissez-moi partir
Car j’ai tellement de choses à faire et à voir !
Ne pleurez pas en pensant à moi !
Soyez reconnaissants pour les belles années
Pendant lesquelles je vous ai donné mon amour !
Vous ne pouvez que deviner
Le bonheur que vous m’avez apporté !
Je vous remercie pour l’amour que chacun m’a démontré !
Maintenant, il est temps pour moi de voyager seul.
Pendant un court moment vous pouvez avoir de la peine.
La confiance vous apportera réconfort et consolation.
Nous ne serons séparés que pour quelques temps !
Laissez les souvenirs apaiser votre douleur !
Je ne suis pas loin et et la vie continue !
Si vous en avez besoin, appelez-moi et je viendrai !
Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher Je sera là,
Et si vous écoutez votre coeur, vous sentirez clairement
La douceur de l’amour que j’apporterai !
Quand il sera temps pour vous de partir,
Je serai là pour vous accueillir,
Absent de mon corps, présent avec Dieu !
N’allez pas sur ma tombe pour pleurer !
Je ne suis pas là, je ne dors pas !
Je suis les mille vents qui soufflent,
Je suis le scintillement des cristaux de neige,
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,
Je suis la douce pluie d’automne,
Je suis l’éveil des oiseaux dans le calme du matin,
Je suis l’étoile qui brille dans la nuit !
N’allez pas sur ma tombe pour pleurer
Je ne suis pas là, je ne suis pas mort.

Ma morte vivante

Dans mon chagrin, rien n’est en mouvement
J’attends, personne ne viendra
Ni de jour, ni de nuit
Ni jamais plus de ce qui fut moi-même

Mes yeux se sont séparés de tes yeux
Ils perdent leur confiance, ils perdent leur lumière
Ma bouche s’est séparée de ta bouche
Ma bouche s’est séparée du plaisir
Et du sens de l’amour, et du sens de la vie
Mes mains se sont séparées de tes mains
Mes mains laissent tout échapper
Mes pieds se sont séparés de tes pieds
Ils n’avanceront plus, il n’y a plus de route
Ils ne connaîtront plus mon poids, ni le repos

Il m’est donné de voir ma vie finir
Avec la tienne
Ma vie en ton pouvoir
Que j’ai crue infinie

Et l’avenir mon seul espoir c’est mon tombeau
Pareil au tien, cerné d’un monde indifférent
J’étais si près de toi que j’ai froid près des autres.

Paul Éluard (1895-1952)