Pour mon absente …

Pour Henri

Un petit clin d’œil à un ami :

Cher Henri, je t’embrasse. Je te souhaite un joyeux anniversaire.

Henri Girard

Henri Girard

Pour toi, cette chanson que j’adore :

 

 

 

je t’embrasse

Malaise

Je ne comprends pas …
Je ne comprends pas et même, je ne veux surtout pas comprendre. Comment est-il possible que l’on décerne un prix, une récompense quelle qu’elle soit (en l’occurrence : le prix Renaudot essai) à un auteur qui s’auto-déclare pédophile ?
Peut-on tout écrire sous prétexte que l’on est un « littéraire » ? Doit-on tout taire ?

7 voix sur 10 … j’ai la nausée.

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Juste pour rire …

L’Étranger, incipit. Mon hommage à Camus …

Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier.
L’asile de vieillards est à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d’Alger. Je prendrai l’autobus à deux heures et j’arriverai dans l’après-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir. J’ai demandé deux jours de congé à mon patron et il ne pouvait pas me les refuser avec une excuse pareille. Mais il n’avait pas l’air content. Je lui ai même dit : « Ce n’est pas de ma faute. » Il n’a pas répondu. J’ai pensé alors que je n’aurais pas dû lui dire cela. En somme, je n’avais pas à m’excuser. C’était plutôt à lui de me présenter ses condoléances. Mais il le fera sans doute après-demain, quand il me verra en deuil. Pour le moment, c’est un peu comme si maman n’était pas morte. Après l’enterrement, au contraire, ce sera une affaire classée et tout aura revêtu une allure plus officielle.
J’ai pris l’autobus à deux heures. Il faisait très chaud. J’ai mangé au restaurant, chez Céleste, comme d’habitude. Ils avaient tous beaucoup de peine pour moi et Céleste m’a dit : « On n’a qu’une mère. » Quand je suis parti, ils m’ont accompagné à la porte. J’étais un peu étourdi parce qu’il a fallu que je monte chez Emmanuel pour lui emprunter une cravate noire et un brassard. Il a perdu son oncle, il y a quelques mois.
J’ai couru pour ne pas manquer le départ. Cette hâte, cette course, c’est à cause de tout cela sans doute, ajouté aux cahots, à l’odeur d’essence, à la réverbération de la route et du ciel, que je me suis assoupi. J’ai dormi pendant presque tout le trajet. Et quand je me suis réveillé, j’étais tassé contre un militaire qui m’a souri et qui m’a demandé si je venais de loin. J’ai dit « oui » pour n’avoir plus à parler.

Cet incipit est je pense une de mes plus fortes émotions de lectrice. Il m’a bousculée, perturbée, chamboulée. Ce manque apparent d’émotion et puis aussi ce sentiment de culpabilité exacerbé … J’ai adoré, dès les premières phrases pénétrer dans l’univers « camusien ». Meursault me touche et me bouleverse, et en fin de compte, Camus m’a bouleversée. Comme une évidence.

C’est reparti !

Voilà, après quelques jours d’absence, Au bout de ma plume revient …
Petit weekend de 3 jours pour un 11 novembre bien pluvieux. Des amis ce soir, une poule au blanc qui mijote, une belote en vue. La soirée s’annonce agréable.
Et puis, je travaille comme une forcenée sur Le cabanon jaune. Je crois (j’ai bien dit je crois) que j’ai trouvé ce qui manquait. Le « liant ». Pour l’instant, je suis plongée dans la concordance des temps. Les différentes valeurs des temps … C’est ce que je suis en train de travailler avec mes élèves !

Et un hommage à un de mes auteurs de prédilection. C’est d’actualité.

Albert Camus.

Albert Camus.

Et puis, au pire …

Il est certains esprits …

I1 est certains esprits dont les sombres pensées
Sont d’un nuage épais toujours embarrassées ;
Le jour de la raison ne le saurait percer.
Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L’expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Surtout qu’en vos écrits la langue révérée
Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée.
En vain, vous me frappez d’un son mélodieux,
Si le terme est impropre ou le tour vicieux :
Mon esprit n’admet point un pompeux barbarisme,
Ni d’un vers ampoulé l’orgueilleux solécisme.
Sans la langue, en un mot, l’auteur le plus divin
Est toujours, quoi qu’il fasse, un méchant écrivain.

Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse,
Et ne vous piquez point d’une folle vitesse :
Un style si rapide, et qui court en rimant,
Marque moins trop d’esprit que peu de jugement.
J’aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène,
Dans un pré plein de fleurs lentement se promène,
Qu’un torrent débordé qui, d’un cours orageux,
Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux.
Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. […]

Nicolas Boileau , Chant I