Lhasa de Lorena …

Au détour des rues …

Je voudrais vous présenter cette série de portraits réalisés par le photographe Dakota Langlois.

J’ai été très touchée par ces photos et ces regards souvent lumineux.

Mais je laisse la parole à l’auteur :

« Hommes et femmes, devenus les fantômes de nos rues par notre indifférence devraient être considérés pour ce qu’elles sont, des personnes à part entière, des êtres singuliers avec leur nom, leur histoire.
S’il vous plait, changez votre regard et tendez leur la main.
(Photo prise dans le cadre d’un mouvement citoyen que nous avons lancé avec des amis afin de leur venir en aide en leur apportant, des vêtements, de la nourriture et des boissons chaudes, vous pouvez faire de même). »

Site de l’auteur 

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Entre guillemets

Je voulais vous présenter ce texte écrit par Agnès : Entre Guillemets.

Pour Agnès et pour Christophe, aussi.

 

Aujourd’hui, mon fils Christophe à 20 ans !

Qu’on me pardonne cette petite balade autobiographique !

Qu’on veuille bien comprendre mon sentiment de petite victoire

à pouvoir écrire aujourd’hui des mots qui m’ont fait si mal à entendre et à dire. 

Tu m’as quitté trop tôt, faisant naître en moi mes premières culpabilités : n’était-ce pas assez confortable chez moi ? Tu es arrivé à bout de souffle et tu t’es accroché à la vie par le bout du nez. Des heures durant, je t’ai couvé du regard à travers la boîte de plexiglas qui te servait de nid. Tu es né dans mes bras deux mois plus tard. Tu avais gagné la première partie, le match ne faisait que commencer.

 

Comme j’étais handicapée face à cette société qui prend tant de précaution à mettre les mots qui dérangent entre guillemets ! Que mon mental était déficient à ne pas toujours trouver ce qui était mieux pour toi ! Tu m’as donné la force de me battre avec ou contre les savoirs des blouses blanches, roses ou grises.

 

Aujourd’hui, tes mots boitent un peu et ta jambe droite bafouille avant de passer devant l’autre. Il t’a fallu apprendre à supporter cette injustice contre laquelle tu te révoltes parfois. Et quand c’est vraiment trop dur, tu tapes plus fort la peau de ton djembé.

Hier, on a reçu ta carte d’invalidité, et ça ne t’a pas fait plaisir. Encore un monde à part. Je t’ai expliqué que tu pourras entrer librement au stade les soirs de match. Tu m’as souris, et moi, je n’ai pas pleuré.

 

Aujourd’hui, tu as 20 ans.

Qu’est-ce que j’ai grandi !

 

Agnès

Tes mots

 

Tes mots  m’enveloppent  quand ils chantent pour moi

Petite cantate fait  Frissonner mon Elle

Perdue dans ces pages je n’attendrai que Toi

Cette folle parole qui toujours m’ensorcelle.

 

Ces voyelles irisées  effleurent ma bouche

Courent sur ma peau,  suaves et sensuelles

Quand je lis alanguie Étourdie sur ma couche

Tous ces mots, ces serments, ô promesse éternelle.

 

Océan d’encre bleue aux infinis rivages

Avec Elle je voyage Avec Toi je me perds

Et ce cœur qui palpite tremblant d’être sage

Je respire tous tes mots comme un grand souffle d’air.

 

Une plume dans ta main caresse mon âme

 

Alors le livre s’ouvre et les pages s’effeuillent

Effeuillage troublant Mon regard dans le vague

L’émotion me submerge et Soudain je divague

Quand Le Verbe impérieux me possède et me cueille.

 

Christelle Angano

Décembre 2014

Je suis, tu es, nous serons

Pour Toi qui vis seul dans la rue

Perdu et frissonnant de froid,

Recroquevillé sous la nue,

Sache que nous pensons à Toi.

 

Je suis, tu es, nous serons,

Notre chaleur, nous t’offrirons.

 

À Toi qui es mal dans ta peau

Dont la couleur est le problème,

Nous sommes libres et égaux,

Blacks, blancs, beurs, nous sommes les mêmes.

 

Je suis, tu es, nous serons,

Notre main, nous te donnerons

 

Pour Toi qui dis ce que tu penses,

À Toi qui te bats pour cela,

Ici, là-bas, cette évidence,

La Liberté triomphera.

 

Je suis, tu es, nous serons,

Notre crayon, nous lèverons.

 

À Djibouti, Porto, Paris

Nous somm’ les enfants de la Terre

Profitons tous de notre vie,

Nous devons rester solidaires

 

Eu sou, tu es, nos seremos

Todas as creanças nos protegeremos

 

C’est vrai, nous sommes des enfants

Mais on a notre mot à dire,

Écoutez-nous, nous sommes grands

Entendez-vous tous nos soupirs ?

 

Je suis, tu es, nous serons,

Nous kiffons notre demon.

 

Texte écrit par des élèves de 4° dans le cadre d’un concours sur Les Droits de l’Homme. Thème : « Je suis, tu es, nous serons ».

Bravo les Ptits Loups, je suis très fière de vous !

Un clip sera tourné.

Comme je l’aime ce moment …

Quand de nouveaux personnages viennent me tirer par la main.

Oui Joséphine, je te devine. Tu as beau te cacher, m’échapper ; je sais que tu n’es pas très loin. Je te guette du coin de l’œil, je ne respire pas trop fort. Je te vois qui t’approches, doucement. Comme une petite fille qui viendrait toucher ma main pour partir ensuite en courant.

Et toi Pierre … Parce-que tu t’appelles Pierre, n’est-ce pas ?

Tu crois que je ne te vois pas ! Tu tournes autour d’elle, mine de rien.

Mais c’est moi qui décide, sachez-le. Enfin, je crois.

Tu as raison, rien n’est moins sûr.

Joséphine et Pierre … Pierre et Joséphine …

Et Paule … Et Frédéric.

Oui, c’est officiel. Mes personnages m’ont trouvée. Ils me racontent des histoires, viennent me les chuchoter au creux de mes rêves.

Oui, comme je l’aime ce moment.

Ce moment des nouvelles rencontres.

Agenda Salons du livre 2015, CRLBN

Vous désirez connaître les dates des salons du livre à venir, cliquez ici.

Agenda 2015 (2)

Je vous remercie

Oui vraiment, je vous remercie pour vos témoignages et surtout vos encouragements. Ils me sont nécessaires, plus que jamais. Pour votre humour aussi, n’est-ce pas cher Pierre-Yves.

Oui, cela fait du bien de rire.

Mais … je n’ai pas dit mon dernier mot. Et puis qui sait, peut-être vont-ils m’acheter mon livre. D’ailleurs, la meilleure façon de connaître la vie des familles en situation de handicap, c’est de partager avec eux. Point besoin de venir jouer de l’accordéon chez moi, je préfère que l’on m’achète mon livre !

 

 

Monsieur le Président …

 

Municipales 2014

Municipales 2014

Monsieur, Madame le Secrétaire général de l’Elysée

C’est en désespoir de cause que je me tourne vers vous aujourd’hui. Je suis maman d’un jeune fille handicapée mentale âgée de vingt ans, Mélina. Victime d’une anoxie cérébrale lors d’un choc opératoire, son handicap est « estimé » à 80 %. Mélina ne sait pas encore lire mais pour autant, c’est une jeune fille qui s’exprime très bien, curieuse et très sociable. Scolarisée en IMPro où elle apprend la cuisine, Mélina est résolument tournée vers les autres. C’est pour cela qu’elle attache énormément d’importance à remplir son devoir de citoyenne. Mélina a d’ores-et-déjà voté aux municipales et aux européennes. Cela a été une grande fierté pour elle que de participer à la vie de son pays. Pour ce faire, je lui ai expliqué les tenants et les aboutissants, posément et honnêtement. Je suis enseignante, professeur de français en collège. L’éducation à la citoyenneté est une valeur à laquelle je crois et j’y travaille quotidiennement avec mes collégiens.

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Ce n’est jamais fini …

À l’heure où je reçois ce si joli commentaire qui me remercie de parler dans De Vous à Moi, de nos jeunes citoyens, de notre bataille pour qu’ils se battent … Au moment où ma fille semble s’épanouir un petit peu. Elle prend 20 ans, elle a voté et elle a écrit un livre qui parle d’elle et des amis …

Je viens de recevoir la notification qui confirme que je suis désormais tutrice de ma fille.

Et que le droit de vote lui est retiré.

Inapte.

Je ne sais que dire. Et surtout, comment lui dire, à elle ?

C’est une honte.

Pourtant je voulais que ce livre s’achève sur une note optimiste. Alors, je vais me battre.

Encore une fois.