« Vieillir »

Alors voilà, parce que j’aime l’écriture de Marilé, j’ai décidé de publier (avec son accord bien entendu) certains de ses textes. Savourez …

 

Vieux

 

On a beau jeu de se moquer des vieilles gens qui regardent passer la vie sur les bancs, à l’ombre des grands arbres, sur les places publiques, quand on est jeune et fringant. Ah c’est facile de railler l’inertie quand le mouvement ne fait pas mal, quand la lumière ne fait pas cligner des yeux dont se retire peu à peu tout fluide, comme de tout le corps qui se dessèche et s’amenuise !

Ils verront bien un jour, eux aussi, ce que c’est la fonte des muscles, l’oreille tendue aux chants des oiseaux qui se raréfient le matin, la langue qui clape avec dégoût sur  la soupe insipide qui cartonne la bouche, même faite maison, même avec les recettes d’avant. Les sensations se pastellisent, le monde s’estompe, sanguine sur laquelle on passe une main négligente. Des formes intactes subsistent et ça et là quelques détails que le doigt n’a pas effacés, mais l’ensemble se fond et s’entremêle dans une bouillie de couleur poussiéreuse.

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Mon passager noir, ma SEP

Voici le texte de Marilé, une amie « virtuelle » … pour l’instant. J’aime ses mots. Ils parlent d’eux-mêmes. Marilé, sois la bienvenue sur mon site. Ton histoire me touche, forcément. Et je sais comme toi que l’équation mots pour maux, si elle ne résout pas tout, fonctionne. Tu es mon invitée …

Tu m’as pris tellement en quinze ans, au fil des poussées, laissant chaque fois derrière toi les traces de tes sales pattes sur mes neurones … Tu m’as pris la vision des couleurs de l’œil droit, comme ça, dès le début, sans te présenter encore. Tu m’as pris les caresses sur de multiples parties de mon corps, que tu as rayées du monde sensible sans autre forme de procès. Tu m’as pris la capacité à pisser quand je le décide et aussi un peu à chier parfois. Tu m’as pris le peu de tolérance au bruit qu’il me restait. Tu m’as pris le sommeil ininterrompu, et la merveilleuse insouciance d’un corps silencieux.

Tu m’as pris, cela date à présent, les mots, les précieux mots s’agençant en phrases évidentes coulant de mes doigts avec facilité, et la lecture intérieure au-delà de deux pages, moi qui lisais tant ! De ce fait tu m’as pris toutes mes rêveries possibles de lectrice, toutes les divagations sans images imposées et tout ce que Colette me gardait encore pour mes vieux jours.
L’an passé tu m’avais pris jusqu’à mes orgasmes !! je te les ai regagnés, pourriture, différents, autres, réinventés, mais je te les ai repris !

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Et l’on reparle de la peine de mort

Petite Chloé,

Bien sûr, ton calvaire et ta disparition me bouleversent. Comment en serait-ce autrement ? Toi si petite et si confiante. Tu jouais, innocemment et tu as croisé  … Comment nommer l’innommable ? Un monstre ? Un fou ? Un bourreau, un assassin. Et l’horreur. Le jour de tes obsèques, j’ai pensé à Toi très fort, moi qui ai eu aussi à enterrer un enfant. J’ai pensé à ta maman aussi. Forcément. Et si mes mots pouvaient la consoler, la rassurer, l’aider tout simplement, je serais ravie de le faire.

Et pourtant.

Ce que j’entends un peu partout me fait peur. Ce sont appels à la haine. Non pas à la Justice, mais à la vengeance. Au lynchage.

Bien sûr, tu étais une merveilleuse petite fille, certainement. Mais cet assassin (qu’il ne soit pas nommé ici), reste un homme. Et on ne tue pas les hommes sous peine de devenir aussi des assassins.

Évidemment l’argument imparable reste « et si c’était ta fille …  »

Bien sûr …

Mais si c’était ma fille, j’aurais soif de vengeance peut-être. Je ne serais donc plus apte à avoir une analyse posée et objective.

Alors oui, je suis contre, fondamentalement contre et je serai TOUJOURS contre la peine de mort. Et je trouve fou de lire tout ce que l’on peut lire ici ou là. Oui la peine de mort est abolie en France et je m’en flatte.

Alors je ne peux m’empêcher de partager ce discours si important et de remercier R Badinter. J’étais trop jeune pour voter en 81 mais j’aurais été fière de le faire. Je me souviens avoir écouté ce discours.

De Vous à Moi

Je viens de terminer la lecture de votre ouvrage « de vous à moi ».
Ce livre m’a beaucoup touché : vous exprimez fort bien , avec les mots justes , de que ressentent les parents d’enfants différents, et l’épreuve pluri quotidienne qui est … »d’affronter le regard des autres « .
Tout médecin devrait lire ce livre avant de commencer à exercer !

 

M I, cardiologue.

Naufrage

Naufrage

 

La mer

Je sombre

L’amer

J’étouffe

Ta main

Et La Mort

Mes larmes

Un cri

Le sel

Me brûle

J’étouffe

Tu coules

Nos corps

Dérivent

Une côte

Des rives

Je meurs

Il flotte

L’Enfant

Radeau

Perdu

Adieu

À Diable

Aussi

Mon souffle

S’étiole

Mes yeux

Se voilent

Je bois

Je crache

J’avale

Me noie

Je meurs

Naufrage.

 

Christelle Angano

20 Avril 2015

 

Salon de Luc sur mer

Petite visite au Salon de Luc sur mer. Le temps de faire une bise aux copains, Denis Brillet (vous ai-je parlé de « 1000 raisons d’aimer Lilo » chez Cogito : si vous ne savez pas quoi lire …), Olivier Kourilsky, notre Docteur K, Michel Delaunay et bien sûr Henri Girard … Et quand même un petit pincement : ne pas avoir passé la journée avec eux … Ah si, un petit arrêt discussion avec Jean Quellien que je remercie pour sa gentille dédicace.

Et vivement le salon d’Alençon !

La prochaine fois, j’en serai ! dussé-je m’inscrire dès aujourd’hui …

 

De Vous à Moi

Alors évidemment, je ne vendrai pas des milliers d’exemplaires de mon livre. Le handicap, ce n’est pas « porteur » et puis ce n’est pas simple de se faire une petite place dans le monde du livre ! Mais tout ça, je le savais. Par contre, ce que je n’avais pas prévu que VIVRE FM m’inviterait pour deux interviews ni que mon livre paraîtrait dans un mémoire consacré aux enfants en situation de handicap et au « travail » de leurs parents … Je sais aussi que Mme Christèle Prado, présidente de l’UNAPEI  (Union Nationale Amis et Parents  de Personnes handicapées mentales et de leurs amis) est également intéressée par mon livre.

Alors, voilà, une partie de l’objectif est atteinte.

Je voudrais juste que maintenant, les gens soient plus curieux. Non, ce n’est pas un polar, pas de meurtre, mais des héros oui. Et du rire, et des larmes, des méchants parfois … Bref, de la vie.

De Vous à Moi

« Je dois avouer que vous lire m’a parfois fait rire, d’autres fois mis les larmes aux yeux. Vous écrivez avec une telle sincérité que l’on vous entendrait presque parler. Merci pour ce témoignage de vie.

Vous serez dans ma bibliographie de mémoire, et au vu des notes que j’ai prises, vous serez même citée à l’intérieur. »

Manon présente un mémoire sur le le handicap et souhaiter discuter avec des parents. Voici son message après avoir lu De Vous à Moi. Je suis très émue de savoir que mon petit livre sera présent dans son mémoire. Pour moi, c’est un peu comme une petite victoire. L’idée que j’ai réussi à transmettre un message. le mien, certes, mais pas seulement.

Je suis étudiante et je cherche à interroger des parents d’enfants en situation de handicap.  Je suis future assistante sociale et j’effectue mon mémoire de recherche sur le handicap de l’enfant et le vécu des parents. Mon travail vise à mieux comprendre ce que vous vivez pour accompagner au mieux les parents que je serais amené à rencontrer durant ma profession. Qui de mieux placé pour me faire partager cela que vous, qui vivez la situation au quotidien? Pour cela il me faut comprendre vos joies, vos peines, vos coups de gueule envers les professionnels ou au contraire ce que avez apprécié dans l’accompagnement. En bref, ce que représente aujourd’hui le handicap pour vous…

Bravo Manon pour votre démarche. Vous serez certainement une AS efficace et pleine de cette empathie si nécessaire. De mon côté, j’en profite pour faire un clin d’œil à Céline, celle qui m’aide depuis 6 ans maintenant …

Je suis Tu es …

Je suis tu es nous serons (Pour toi)

Pour Toi qui dors seul dans la rue

Perdu et frissonnant de froid

Recroquevillé sous la nue

Sache que nous pensons à Toi

 

À Toi qui es mal dans ta peau

Dont la couleur est le problème

Nous sommes libres et égaux

Blacks Blancs Beurs nous sommes les mêmes

 

Je suis tu es nous serons

Notre chaleur nous t’offrirons,

Je suis Tu es Nous serons

Notre main nous te donnerons

 

Pour Toi qui dis ce que tu penses

À Toi qui te bats pour cela

Ici, là-bas, cette évidence

La Liberté triomphera.

 

À Djibouti  Porto Paris

Nous sommes les enfants de la Terre

Notre planète est notre amie

Respectons-la comme notre mère.

 

Je suis Tu es Nous serons

Notre crayon nous lèverons,

Je suis Tu es Nous serons

Notre planète nous respectons.

 

À Vous qui n’aimez pas l’école

Sachez qu’elle est notre vraie chance,

Nous pourrons prendre notre envol

Et gagner notre Indépendance.

 

C’est vrai nous sommes des enfants,

Mais on a notre mot à dire,

Écoutez-nous, nous sommes grands,

Entendez-vous tous nos soupirs ?

 

Je suis Tu es Nous serons

Des citoyens nous deviendrons,

Je suis Tu es Nous serons

Et nous kiffons notre de-mon !

 

 

Je suis Tu es Nous serons …

Voici donc, en avant première, le tube de l’été, Je suis Tu es Nous serons (participation au concours « Les Écrits pour La Fraternité » de La Ligue des Droits de L’Homme).  Un nouveau groupe vient de naître : Les Couac Cœurs, (Les Canards asthmatiques). Bravo les ptits loups (euh les ptits canards !!) c’était extra ! Bravo aussi à notre musicien, C Louail, merci à É Pomies pour sa pochette et au Studio Le Pick Up, à Caen.

Si vous avez cinq minutes, mettez un petit commentaire sur ce site … ils en seront (et moi avec) très fiers.

Les Couac Cœurs sont en 4°. Et je suis très fière d’eux !