Écrire pour soutenir

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Écrivons à Asli Erdogan en prison, pour la soutenir, pour matérialiser notre mobilisation par un courrier solidaire :
Sayin Asli ERDOGAN
Bakırköy Kadın Kapalı Cezaevi C 9 Koğuşu
Bakırköy İstanbul
(TURQUIE)

Me laissant ses yeux…

Autrefois, j’ai aimé quelqu’un. Il est parti en me laissant ses yeux. Il n’avait personne à me laisser. Aimer… Ce mot-là, je l’ai trouvé en fouillant dans mon cœur, en sondant inlassablement ces épaisses ténèbres. Mais personne ne m’a dit que « chacun tue celui qu’il aime » ! Nous étions ensemble dans l’édifice de pierre. J’ai longtemps prêté l’oreille aux bruits. Quand mon tour est venu, le jour n’était pas encore levé. Bien sûr, vous ne me croyez pas. Vous pensez que ce bâtiment est issu de mon rêve ? Mais nos rêves ne sont-ils pas le levain de la pâte dont nous sommes pétris ? Finalement, l’aube va naître, des trainées rouge sang vont apparaître à l’horizon… Dans le ciel tendu, terne, tout plat, les étoiles vont se solidifier et disparaître l’une après l’autre. La dernière laissera pendre une corde vers le bas, vers nous. Ta nuit muette, tes mots coupés en deux et ensanglantés, tes ombres errantes, privées de leur maître, tes rêves couleur de cœur dont personne ne veut, tes mots ailés vont pouvoir y grimper… Tous tes rêves, venus vivre parmi nous et repartis sans crier gare, vont pouvoir se hisser vers les profondeurs… Dans les tréfonds où se perdent tout homme et toute chose… Mais vous ne m’entendez pas ? J’aurais peut-être dû faire mon récit au passé. J’ai attaqué ma chanson dans le mauvais sens, par la mauvaise note.

extrait du Bâtiment de pierre d’ Aslı Erdoğan (Taş Bina ve Diğerleri)

Dessin : Kajan
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Une grande nouvelle : Vingt trois zéro cinq.

Bonjour les amis…

 

Voici une belle nouvelle. Mon ami Didier Malhaire publie un nouveau roman aux Éditions du Chameau. Ce nouveau livre, c’est comme la promesse de retrouvailles. Oui, depuis son roman Le roi du lard, j’attends de le retrouver. Alors, je commande ! Et si j’étais vous, je n’hésiterais pas ! Et i vous ne l’avez pas lu… N’hésitez pas à commander , un bijou, avec.

 

 

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N’oubliez pas…

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Sanofi va payer !

Bravo à Marine Martin qui ne désarme pas et enfin, enfin, de bonnes nouvelles !

Un fonds d’indemnisation sera bel et bien créé et Sanofi va payer !

Lire ici

À la Baronnie

MONSIEUR PURGON
Et je veux qu’avant qu’il soit quatre jours vous deveniez dans un état incurable.

ARGAN
Ah! miséricorde!

MONSIEUR PURGON
Que vous tombiez dans la bradypepsie.

ARGAN
Monsieur Purgon!

MONSIEUR PURGON
De la bradypepsie dans la dyspepsie.

ARGAN
Monsieur Purgon!

MONSIEUR PURGON
De la dyspepsie dans l’apepsie.

ARGAN
Monsieur Purgon!

MONSIEUR PURGON
De l’apepsie dans la lienterie.

ARGAN
Monsieur Purgon!

MONSIEUR PURGON
De la lienterie dans la dysenterie.

ARGAN
Monsieur Purgon!

MONSIEUR PURGON
De la dysenterie dans l’hydropisie.

ARGAN
Monsieur Purgon!

MONSIEUR PURGON
Et de l’hydropisie dans la privation de la vie, où vous aura conduit votre folie.

Molière

Le Malade imaginaire, III,6

conference-novembre

Femme noire

 

Femme nue, femme noire
Vétue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J’ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu’au cœur de l’Eté et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l’éclair d’un aigle

Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d’Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée

Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l’athlète, aux flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.

Délices des jeux de l’Esprit, les reflets de l’or ronge ta peau qui se moire

A l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.

Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Eternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.

Léopold Sédar Senghor, Chants d’ombre