Rencontre

Promenade dans la Galerie du temps

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Sans parole


Christ mourant sur la croix, Pierre Puget.

Exposé au Louvre Lens.

Et tiens-toi plus tranquille

Mardi…

Le pic hyperalgique aurait-il eu lieu hier après midi ? Il semble que ce matin je sois redescendue un tooout petit peu, de quelques dixièmes, je ne suis pas du moins embarquée par une vague qui me noie et dans laquelle je ne peux nager, comme je l’étais hier !
Hier soir au coucher, aidée par la morphine, j’essayais de mener une réflexion avec mon cerveau rationnel sur la manière de ne pas me laisser résumer par la douleur (et je n’ai pas su tracer de chemin même expérimental ; je ne suis pas du tout une maîtresse zen…), et de recourir avec mon autre cerveau à l’« image sécurisée » définie en hypnothérapie avec cette formidable algologue qui me suit : je m’y suis référée à plusieurs reprises, je me suis endormie « dedans »… Je vais tenter de la visualiser durant l’IRM cet après-midi, elle est en fond d’écran de mon PC et de mon iPhone. Ce serait formidable que là soit la cause de ce petit mieux ou de ce meilleur ressenti. L’avoir mis en mots, peut-être aussi ? Égoïstement aussi peut-être que me délester de mon ressenti sur celles et ceux qui me lisent et m’apportent leur empathie a pu m’alléger ? Je prends tout, je continue, une ligne de conduite se dessine, timidement…

Sois sage ô ma douleur…

Il y a quelque temps déjà, j’ai offert à Marilé d’être mon « invitée permanente » sur ce site. Elle a tant de choses à nous dire, et elle les dit tellement bien.

En effet, elle ne se résume pas à un combat contre la maladie, non… Elle est un cri d’amour à la vie, à l’amour, à l’amitié, aux rires et à la joie. Oui. Elle est tout ça.

Quand je pense à elle, me revient à l’esprit cette phrase de Sagan :

« Ce n’est pas parce que la vie n’est pas élégante qu’il faut se conduire comme elle ».

Marilé est élégante. Et j’aime ça. Point d’épanchement, mais juste dire.

Continue d’écrire. Pour Toi, Contre elle, et aussi pour nous. Ta plume fait du bien.

Je t’embrasse.

***

                                            Lundi.  8h30 Réveil.

Tellement mal…. mais moins qu’hier. Je crois. Je suis nimbée de douleur, ma conscience rationnelle est racornie dans mon esprit, animal battu, tapi, caché pour éviter les coups. Tout bruissement, tout son, m’agressent, me frappent à terre, je me rêve anesthésiée par un sommeil sourd et aveugle… mais rester allongée n’est plus supportable, le contact même du matelas, mon corps qui s’écrase sous son propre poids, doivent être fuis. Je m’assieds, lentement je me mets debout. La mort ne me fait plus du tout peur. J’essaie de quantifier, je visualise le médecin de la douleur, je réfléchis… allez, je dois être à 5/10 ? Cette échelle est bien complexe à utiliser, propre à chacun ; je m’efforce de garder à l’esprit qu’à 10 je demanderais qu’on m’achève, cela permet de trouver les choses supportables, de garder encore une illusion de maîtrise. Lorsque le médecin de la douleur m’a proposé la morphine j’étais à 6, douleurs de contractions mais permanentes, sans répit.
Je grimpe l’escalier. Les filles dorment encore. Je n’aurai pas à enfiler de masque, à devoir communiquer sans mordre ou réclamer un calme qu’au fond seule la solitude peut m’offrir… Je prends un café, un biscuit, je me cale dans le canapé, le coussin ergonomique se moule contre mon dos, j’avale la case du lundi matin de mon pilulier. Je patiente… chaque seconde est lourde, aussi pesante qu’une marche à monter durant une migraine. Tic. Tac. Ne pas bouger.
9.15, le produit diffuse dans le sang, passe la barrière hémato-encéphalique… Une lucarne s’ouvre, les nuages se déchirent, un rai de lumière vient caresser la bête recroquevillée dans mon crâne ; craintive, elle lève la tête, se peut-il que le soleil existe encore ? Le carcan autour de mon dos se desserre, la brûlure sur mes jambes diminue ; progressivement, ma respiration redevient libre, ample. Il m’est donné une journée de calme, que cela est doux ! Je suis si pleinement soulagée que je pourrais m’endormir dans la seconde si je reposais ma tête. Comme elle est injuste la douleur, imméritée, absolue, totale, comme elle éclipse tout ! Un refuge, pour aujourd’hui. Un jour à la fois. Ne pas me poser de questions, ne pas me demander pourquoi j’avance. C’est une journée de répit.

Un retour pour La Dame de Fécamp…

J’ai eu beaucoup de plaisir à lire ce petit roman comme une nouvelle bienveillante .
Je me suis laissée bercer par la poésie et la douceur qui s’en dégageait ; surtout quand ce Marin a fait irruption dans le livre .
Cette jeune femme originale portait un mystère en elle que je cherchais à percer .
Le dénouement est brutal et douloureux !
Aviez-vous pensé à cette fin dès le début du roman ?
Croyez-vous que l’Art aide à surmonter les épreuves de la vie ?
Elle semble bien seule cette Julie Anne …et faut-il croire , comme dans la chanson de Diane Tell , que l’on est toujours tout seul au monde ?
Vos personnages sont attachants et fragiles .
Bravo pour la mise en scène !
Quant à votre style , léger et particulier … parce que  » libre » .