Il est l’heure partir…

Je raccroche ma « casquette de prof ».

Voilà, c’est décidé. Cela fait longtemps que cela couve, cette envie de partir. Mais, je n’osais pas trop, je crois.

J’ai aimé ce métier aussi fort que je pouvais l’aimer. Mais il est temps de passer à autre chose.

Je pars, riche de ces rencontres, de ces mots d’élèves, de leur confiance, souvent, de leur défiance, parfois. L’échange fut permanent, constructif.

Et puis, j’ai fait ce que je voulais, le plus possible, en étant fidèle à mes convictions, aux promesses que je m’étais faites quand, en 4°, j’ai décidé de devenir prof de français. C’est évidemment ma prof de français de l’époque qui est à l’origine de tout ça… Prof de français et d’EPS… Je garde le souvenir exact de ses cours. Quand on lui faisait remarquer que son choix, français/EPS n’était pas courant, elle répondait immanquablement que le sport lui permettait de « créer un lien » avec ses élèves moins « efficaces » en cours de français… Et réciproquement (je faisais partie du « réciproquement »). Chaque élève mérite qu’on le rencontre, chaque élève doit avoir sa place. Et c’est pour ceux qui étaient le plus en souffrance qu’elle était capable de déplacer des montagnes.

Aujourd’hui, il m’apparait comme évident que c’est elle qui m’a « formée ». J’ai repris le flambeau, bien des années plus tard. Et j’en suis fière.

Mais je laisse ma place.

Partir… Pour quoi faire ? Nous sommes tant d’enseignants à croire que l’on n’est pas capable « de faire autre chose ». Alors, j’ai décidé de me lancer. D’autres choses à faire, à vivre. Comme une grande bouffée d’oxygène.

Et ça fait du bien.

Me réinventer, me lancer un nouveau défi, voilà ce dont j’avais besoin. Et ce sera à partir du mois de septembre prochain.

Bref, vous en saurez davantage bientôt…

Bref, sacrée résolution quand même ! Non ?

 

À vous toutes et tous

Je vous souhaite une belle année. La formule est un peu « réchauffée » mais elle n’en est pas moins sincère. Que vous souhaiter ? Que nous souhaiter ?

Eh bien, tout le meilleur. Soyons gourmands, gourmets, exigeants.

Il y a tant de choses à faire, à dire, à voir.

Soyons… curieux !

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Mariam

Je dédie ce texte à Mariam Nouri, jeune femme de 24 ans, qui
s’est noyée au milieu de 26 autres migrants dans la Manche, au large de
Calais, en tentant de rejoindre son fiancé en Angleterre
***
C’est une belle lumière hivernale qui caresse les dunes. Il est 10 heures. La plage, immense, accueille quelques promeneurs courageux. Il fait froid. Lamer est noire, comme écrasée par la lumière blafarde.

Bientôt un groupe de silhouettes sombres s’approche de l’eau. On rit fort, on s’encourage. La sortie promet d’être sportive et vivifiante : le vent de nord s’est levé, accompagné d’une légère houle. Mais rien de terrible pour ces amoureux de la mer, que rien, ni le froid, ni le vent, ni la pluie, ne fait reculer. La mer est leur amie. On les trouve un peu fous. Aller à l’eau à cette période de l’année n’est pas raisonnable. Mais qu’importe ! Les voilà maintenant en file indienne, l’eau à la poitrine, dans un même mouvement. Ils partent à contre-courant, pour revenir, portés par ce dernier. On leur a appris la mer, ses surprises, ses dangers. Et si cette dernière est leur partenaire de jeux, ils ont tout de même appris à s’en méfier. Elle sera toujours la plus forte, même quand elle dort…Surtout, quand elle dort.
Au loin, un ferry passe.

Dans sept heures environ, il sera à Portsmouth.

Sur la plage, des chevaux ont rejoint les chiens. Bientôt, ce sera le tour des chiens sauveteurs en mer d’investir les lieux.
Dans les dunes, quelques silhouettes furtives interrogent l’horizon.

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