Auteurs et artistes amis

Lettre de Poilu

Voici la lettre de Thelma… Jean et Madeleine m’ont beaucoup émue… C’est si…juste.

16 octobre 1915

Ma chérie,

Il est important pour moi que tu prennes de mes (réelles) nouvelles. La vie est dure mais je survis. J’espère que les enfants et toi allez bien. Tu memanques plus que tout au monde. Ton sourire chaleureux me manque.

Ici, dans les tranchées, je n’ai que quelques amis avec lesquels discuter, mais je ne suis même pas sûr de les revoir le lendemain.

Dis aux enfants que je serai toujours là pour eux.

Est-ce que Jean sait marcher ? Est-ce que Madeleine sait lire ?

J’espère que la boulangerie tourne bien, et que vous êtes en bonne santé. je ne sais pas comment vous faites pour gérer la boutique avec cette foutue guerre.

La nourriture ici est comestible, mais ne vaut rien face à ta fabuleuse cuisine.

Donne-moi vite de tes nouvelles mon amour.

Ton tendre aimé,

Paul.

Lettre de Poilu

Voici la lettre d’Anna. Tellement émouvante et bien vue.

 

7 Septembre 1916

Ma chère femme,

Je viens de finir de déjeuner. Nous sommes à peu près bien nourris mais ce n’est pas ta bonne cuisine qui me manque tant. Et toi aussi, tu me manques plus que tout, ma Anne, mon coeur.

Ta présence et celle de notre fils me manquent tellement dans les tranchées.

Ici, la vie est dure, entre les morts sans fin, les explosions, les gaz asphyxiants, les attaques et les blessés à perte de vue, nous n’avons pas le temps de fermer un oeil, ou bien de penser à ce qui pourrait nous arriver.

J’espère que la situation à la ferme n’est pas trop difficile. sans la moisson, je ne sais pas comment tu as pu nourrir toute la famille et les bêtes. Je me demande comment vous avez fait, le père et toi, pour faire les récoltes, sans le cheval. Heureusement qu’il y a le potager de la mère et les lapins.

Avant-hier, nous avons pris d’assaut les allemands et ça n’a été que douleurs. J’ai vu mon plus cher camarade se faire achever alors qu’il mitraillait le camp adverse. Je n’ai pas pu lui dire adieu, le pauvre. Il avait laissé sa femme et ses cinq enfants en leur promettant de revenir libre.

Ma douce Anne, je te promets de revenir en vie à la maison. D’ici quelques semaines, la guerre sera terminée…

Je suis redescendu de première ligne hier matin et je n’ai qu’une envie, c’est de me laver. Les tranchées sentent la mort et je suis plein de sang, celui de mes compagnons. Sans parler de la boue au fond des tranchées, dans laquelle on s’enfonce jusqu’aux mollets et qui nous refroidit les doigts de pieds.

Prends soin de Georges et ne t’inquiète pas. je reviendrai bientôt à vos côtés. Bonne santé à vous tous.

je t’embrasse tendrement,

ton bien-aimé

Louis.

 

Et Dabadie s’en va…

Un grand monsieur qui nous quitte. Associé absolument à mon adolescence, moi qui écoutais Reggiani en boucle. Cela me fait de la peine, oui.

Alors je me réécoute Petit garçon, avec une pensée pour Messieurs Dabadie et Reggiani.

Et pour mon père aussi, c’était NOTRE chanson…

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