Le grand lac

Collection personnelle, Éthiopie, années 80, Lac Tana

 

 

Mebrat sortit sur le perron de sa case. Comme toujours, le spectacle du lac qui se réchauffait sous les premiers rayons du soleil réussit à l’apaiser.  C’était à lui qu’elle aimait confier ses joies et ses peines. Ses cauchemars aussi. Mebrat appréciait ce moment de la journée, une trêve dans cette nature sauvage et sans pitié. Comme souvent, la jeune coquette se perdit dans la contemplation du paysage. Le grand lac s’était maintenant paré des couleurs du soleil levant.

Les fleurs du lac, extrait

 

Paysage…

Paysage Éthiopien, (collection personnelle) photo prise en Éthiopie dans les années 80

Elle respirait sa terre africaine. Elle en aurait reconnu le parfum n’importe où. C’était celui du vent et de la terre, de la vie et de la mort aussi. Mebrat aimait vivre là. La ville ne l’attirait pas, ne l’avait jamais attirée. Elle lui préférait sa jolie maison de torchis, son petit jardin dans lequel poussaient un bananier, quelques légumes et du teff.

Les fleurs du lac, extrait.

Les fleurs du lac

Jeunes filles au marché, photos (collection personnelle) prise en Éthiopie dans les années 80.

C’est ainsi que je me représente Genet et Shoayé, petite fille pensive.

C’est à ce moment très précis que la petite Shoayé décida de rejoindre sa mère dans sa lutte. Et à chaque fois qu’elle s’entendait appelée par son surnom, à chaque regard intrusif, elle se redressait, et de toute la fierté dont elle se sentait capable et qui la portait, elle reprenait cette phrase, désormais devenue sienne : « Les fleurs ne sont pas faites pour être coupées. »

Les fleurs du lac, extrait.

Scène de marché

Photo  (Collection personnelle) prise en Éthiopie dans les années 80

Un peu plus loin, les bouchers. Viande de zébu, de chèvre ou de mouton, les étals sanguinolents, déclinaisons de rouge et de rose tendre, excitaient les mouches et les chiens.

Les fleurs du lac, extrait

Femmes allant chercher l’eau…

L’eau… une affaire de femmes…

Photo, (collection personnelle) prise en Éthiopie dans les années 80.

Elle était heureuse d’avoir épousé Yared. C’était un bon mari, doux, respectueux et attentionné. En plus de l’eau qu’il allait puiser, certes à l’abri des regards – l’eau est une affaire de femmes –, il s’occupait également de porter le bois ou de faire le feu.

 

Les fleurs du lac, extrait.

La confection des pirogues

Enfant travaillant sur un chantier de pirogues, peut-être un des fils de Mebrat et Yared…

Photo (collection personnelle) prise en Éthiopie, années 80.

 

« Je t’ai déjà dit… tu poses les tiges de papyrus à plat le long de la tige de bois centrale… S’il n’y a pas de tuteur, comment veux-tu guider ta construction ! Réfléchis… »

Les fleurs du lac, extrait.

Genet…

Cette petite fille pourrait être Genet,  la grande sœur de Shoayé.  Genet, vendant du poisson au marché du lac…

Photo prise en Éthiopie, dans les années 80.


 » Enfin, le marché des pêcheurs était le point de rendez-vous de gamins venus là pour proposer leur richesse, essentiellement composée de tilapias ou de barbus dont regorgeait le grand lac.  »

Les fleurs du lac, extrait.

Qui est Mebrat ?

Voici la jeune femme qui m’a inspiré le personnage de Mebrat, la Femme-Lumière. Photo prise dans les années 1980 en Éthiopie. je m’en souviens encore.


26 ans

On en fait des choses à 26 ans…

Merci à mes amis Arnaud Jusiewicz pour ces Lunes, l’une d’entre elles, Juluan, mon chéri est pour Toi.

Merci à toi Marianne Monnoye-Teermer pour cette famille à jamais unie dans la pierre.

« Quand l’enfant joue et sourit, de joie la lune s’arrondit…

et quand l’enfant pleure, elle décroît pour lui faire un berceau de lumière »…

Mon fils de la lune… Tu es toujours près de moi.