Octave et le curé.

Quand mes élèves jouent aux écrivains…

Oyez oyez braves gens, habitants de Laus, nous allons vous conter l’histoire du brave Octave et du curé.

Octave était un jeune paysan de dix sept ans, très timide et plutôt beau garçon. Il s’était énamouré d’une jeune femme prénommée Bérangère. Cette dernière était brune, d’un brun soyeux. Elle vivait bien, n’étant ni trop pauvre ni trop riche. Elle travaillait chez le meunier qui n’était autre que son père. Celui-ci recevait régulièrement la visite du curé de campagne.

Cet homme, qui n’avait pas reçu les grâces du Seigneur, ressemblait  à l’une des gargouilles de son église. De squelettiques mains crochues, le crâne dépourvu de tout cheveu, il vivait dans une grande maison et profitait bien des recettes de l’église…

Ce jour-là, Octave se rendit chez le meunier pour faire sa farine. En chemin, il croisa un chat noir mais se dit que c’était sans importance. Quand il parvint au village, il vit la magnifique demoiselle brune et en tomba amoureux dès le premier regard.

À son tour, le curé se rendit chez le meunier, vêtu de sa plus belle soutane ; ce qui fait son petit effet sur Bérangère, qui parut troublée.

De retour chez lui, Octave dit :

_ Je n’ai aucune chance.

_ Mets les pieds dans le plat et lance-toi, fils. Lui conseilla sa mère qui avait entendu.

Le lendemain, il retourna donc au moulin avec un plat de porcelaine. Il trouva la jeune Bérangère. Le jeune homme posa le plat à ses pieds,   retira ses chausses pour enfin… mettre les pieds dans le plat, ainsi que sa mère lui avait conseillé. Il prononça quelques mots inintelligibles puis avança ses lèvres pulpeuses vers la magnifique demoiselle qui s’empressa… de le repousser.

Elle lui déposa trois soufflets. Le pauvre s’en alla sans demander son reste. Sur le chemin du retour, il recroisa le chat et le curé.

Le dimanche de Pâques, Octave se rendit à l’église. Sa mère, ayant aperçu la jeune fille, lui tint les propos suivants :

_ Vas-y, lance-toi ! Séduis la fille que tu aimes.

Octave n’y tenant plus, monta à la chaire et se lança dans le vide, pour tomber aux pieds de Bérangère.

Celle-ci, toute émue, se retourna et enfouit sa tête dans ses mains.

Le curé prononça un bref discours :

_ « …le jeune Octave. Amen »

Bérangère se leva et l’embrassa longuement. Il reprit miraculeusement connaissance.

Le curé s’écria :

_ » Seigneur ! Octave a été ressuscité ! »

Ce fabliau vous montre qu’il ne pas tout prendre au pied de la lettre !

Rafaël et Dimitri (élèves de 5°)

 

 

Joséphine

 

À Alain Bashung.

 

La longue main gantée de Joséphine tremblait un peu tandis qu’elle introduisait la clé dans la serrure. Inconsciemment, elle souffla sur la mèche de cheveux imaginaire qui barrait son front. Ce tic qu’elle trimballait depuis sa plus tendre enfance trahissait son émotion : son premier appartement ! Ce n’était pas rien tout de même et elle rêvait de cet instant depuis longtemps, si longtemps. Enfin, elle allait pouvoir se prendre en charge ! Dormir quand elle en avait envie, manger ce qu’elle voulait manger et quand elle avait faim ; sortir, s’habiller comme elle le voulait, rencontrer qui elle voulait, partir loin ou bien rester… Et surtout, surtout, ne plus dépendre de personne, ne plus avoir de compte à rendre. Vivre, enfin !

Oui, enfin, vivre !

Oh, bien sûr, il n’était pas bien grand cet appartement, tout juste un petit studio aménagé : son… palais. Une entrée, quelques placards « bien pratiques », une kitchenette aménagée, un coin bureau, un « espace chambre » dans une alcôve, une salle de bains avec un lavabo et même, comble du luxe, une baignoire sabot. Son nouveau chez elle, comme elle aimait l’appeler, était idéalement situé en plein centre-ville et jouissait même d’une petite cour privative. Au calme, et en plein cœur de la vie. Le tramway tout près, les bus pas loin… cela serait pratique en attendant de passer le permis, prochaine étape vers l’indépendance.

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Chers libraires…

Chers libraires…

Bon alors voilà … Aider les libraires, moi, j’veux bien. D’ailleurs, je le fais à ma façon. J’envoie mes élèves acheter les livres chez le libraire le plus proche etc… etc… Au maximum, j’évite Amazon et les grandes surfaces… Et je « milite » aussi. Par contre, la réciproque n’est pas toujours vraie, malheureusement. Il serait sympa que plus de libraires acceptent de donner une petite chance aux auteurs publiés dans de petites maisons ! Parce que, il faut bien le dire, les grandes surfaces sont plus accueillantes. Et je ne parle pas des libraires qui demandent un livre, qui ne vous recontactent pas et qui, bien sûr, gardent les ouvrages ! Enfin, bref, c’était un petit coup de gueule. Parce que, naïvement, je croyais que les libraires et les auteurs (même les petits rikikis) pouvaient être complémentaires ! Je me trompais ?

 

Projet …

Je la tiens …

Oui, je la tiens ma prochaine idée. Je vous pouvoir de nouveau « chevaucher mon stylo », drôle d’expression n’est-ce pas ! Quoique … Parfois, écrire relève pour moi du rodéo. J’en ressors épuisée et brisée. Étonnée et comblée aussi.

Alors, voilà … Je vous ai livré De Vous à Moi, Le cabanon jaune est achevé ; il est temps pour moi de reprendre la route.

Et je suis impatiente. Parce que oui, ce prochain roman m’emmènera en Éthiopie. Cela faisait si longtemps que j’attendais ce moment.

Allo Papa Tango Charly

 

               Pour tous ceux que la nuit engloutit peu à peu.

Pour Toi.

Mais enfin, où as-tu donc la tête ?

 

Je ne sais pas, je ne sais plus. S’il vous plait, ne me brusquez pas, attendez, cela va revenir.

 

Le geste du vieil homme s’est interrompu. Que voulait-il faire ? Il ne saurait le dire. Son geste s’est perdu au fond de sa pensée. Là-bas quelque part, déjà bien loin de nous.

 

Tu es avec nous ?

Bien sûr qu’il est là, mais déjà si lointain. Il sent que déjà, il commence à partir.

Il part pour un ailleurs qui le terrifie. Ses errances l’angoissent.

Retrouvera-t-il sa route ? Ou est-il condamné à se perdre encore, et toujours ?

Je vous en supplie, soyez patients. Ne m’abandonnez pas au bord de la route. J’ai tellement peur sans vous ; sans vous, je ne suis plus rien.

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Intervention à La bibliothèque pour tous

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Quelques photos, souvenirs de cet après-midi passé à La bibliothèque pour tous de Douvres. Certes, nous étions peu nombreux mais l’accueil fut tout à fait chaleureux et l’échange très agréable.

 

Toi et Moi

 

Moi je ne t’oublie pas

Et  tiens, si tu le veux

J’aurai de la mémoire

Pour deux, pour nous, pour toi

 

Toi, toute petite

Dans ce si grand fauteuil

À moi de te bercer

Dans le creux de mes bras

 

Toi, toute petite

Dans ce si grand linceul

À moi, de te pleurer,

De te retrouver tout au fond de moi.

© Christelle Angano

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