Bermudes, mise en voix de Serge Cazenave

Merci à Serge Cazenave pour cette mise en voix qui m’émeut infiniment.

Bermudes fera partie des textes présentés pour l’association L’ART EN CHEMIN. Et j’en suis très fière.

La Femme-Puzzle et La journée internationale des droits de la femme

https://fb.watch/49ZysVSKuR/

Ville d’Hérouville Saint Clair

Lecture d’un extrait par Sylvie Dumont-Prieux pour « lancer » la journée.

J’en suis très émue car je suis attachée à Hérouville Saint Clair, pour y avoir vécu quelques années. J’ai d’ailleurs travaillé à la mairie d’Hérouville il y a une trentaine d’années.

 

 

 

La femme-puzzle

A l’occasion du 8 mars, on m’a demandé d’écrire un texte.  Voici donc La Femme-Puzzle. Je vous en dirai davantage bientôt…

 

 

« Le féminisme est un humanisme, ce n’est pas une guerre de tranchées »

Christiane Taubira

Qu’y a-t-il de commun entre une jeune Afghane, une précieuse du XVIIè siècle, une vieille Tibétaine, mes aïeules et moi — même ?

Tout.

Et rien, à vrai dire.

Être une femme…

Il m’a fallu du temps pour comprendre l’importance du 8 mars. J’y voyais « la journée des femmes », celle du « attends chérie, je vais faire la vaisselle, c’est ta journée », celle du « voici des roses pour toi achetées ».

J’ai fini par comprendre que ce n’était pas la journée de la femme, mais la Journée internationale des droits des femmes. La donnée est différente.

Je reprends donc ma question. Y’a-t-il des différences en ce qui concerne les droits d’une femme afghane, anglaise, française, tibétaine ou éthiopienne ?

Bien sûr que oui. Et cela fait mal.

Ainsi, je dois d’être la femme que je suis, que je suis devenue, que je n’en finis pas de devenir aux combats de mes aînées, mes « mères symboliques » pour reprendre la formule de l’historienne Marie-Jo Bonnet (La maternité symbolique, Albin Michel).

Je me souviens, adolescente, de mon émotion en prenant connaissance de l’histoire d’Olympe de Gouges et de sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ; femme éprise de justice et d’égalité, à en mourir puisque cela la mena à l’échafaud. Elle fait partie de ces femmes dont je me sens « redevable ». Elle n’est pas la seule. Si je peux m’exprimer aujourd’hui en tant que citoyenne, notamment à travers le vote, je n’oublie pas que c’est somme toute assez récent. Et si l’on doit au général de Gaulle d’avoir le droit de vote depuis 1944, comment oublier qu’au XIXe siècle, Louise Weiss se battait déjà pour que nous puissions être des citoyennes à part entière.

Oui, j’aime toutes ces femmes qui ont permis que je sois aujourd’hui celle que je suis, qui se sont battues pour moi. Je pense aussi aux femmes de lettres, à Christine de Pizan qui déjà au XVe siècle avait choisi de prendre position contre les préjugés sexistes et que l’on considère comme la première femme ayant vécu de sa plume, je pense à Madame de Sévigné qui « profita » d’un veuvage précoce et d’une situation confortable pour donner à sa plume toute sa liberté, à George Sand qui n’a pas hésité à prendre un pseudonyme masculin pour écrire et vivre une vie, entre autres amoureuse, libérée.

Oui, je pense à toutes ces femmes, et je sens au fond de moi, que je leur dois beaucoup. Ce petit texte est pour elles.

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Violence

La violence est là, à l’affut…

 

Elle sommeille dans le poing fermé aux jointures blanchies, dans la mâchoire qui se crispe, le regard qui foudroie. Elle se réveille dans le bras qui se tend, dans la gifle qui retentit, sonore et puissante, dans le coup de poing lourd et sourd. Dans ce corps que l’on violente, que l’on viole. La violence est partout où une femme pleure, meurt parfois.

 

Elle guette dans les mots qui insultent, ceux qui brisent, qui traumatisent. Elle est là, sous la main de cette femme qui n’a d’autre argument que sa force,  ce désir de faire mal. Elle est là dans le verre bu, celui de trop ;  dans ce verre, projectile improvisé. Il s’écrase sur le mur, ou parfois dans le visage de celui qui est là, au mauvais endroit, au mauvais moment.

Elle est dans la honte de celui qui n’ose parler de cette femme qui le bat, qui le blesse ; dans la honte de l’enfant qui aimerait aimer celle qui le maltraite, cet enfant qui tente pourtant de protéger cette mère aux mots et aux poings durs et cinglants.

 

Vous la rencontrerez parfois au fond des yeux de cet adolescent, qui, une fois chez lui, se transformera en véritable tyran.  Dans quelques minutes, il insultera ses parents, les frappera, de ses poings, de ses pieds. Cet enfant que l’on voudrait aimer, parce que c’est le sien mais qui n’a d’aimable en fait, que ce grand regard… faussement innocent.

Et toujours cette honte…

Avoir failli… se sentir responsable. Cacher les traces de coups, les bleus à l’âme, miroirs de ce qui nous apparaît comme nos échecs.

 

La violence est partout. Elle est aussi chez nous, lorsque nous refusons de voir, de comprendre, d’entendre. Parce que « cela ne nous regarde pas », parce que « ce n’est pas notre histoire ». Nous nous bouchons les oreilles, nous voilons les yeux et la face. Peur, fatigue, indifférence ? La violence est là aussi dans ce que NOUS ne faisons pas.

Christelle Angano pour Nous Toutes 14

« J’ai fait une connerie et…

basta » ?

« J’ai fait une connerie et basta »… ?

Telle est la réponse de l’ancien ministre de la culture sous François Mitterand et actuel directeur de l’Institut du monde arabe, Jack Lang, au micro de Sonia Mabrouk sur Europe 1, le 18 janvier 2021.

Apposer son nom à une pétition pro-pédophilie n’est pas une simple connerie. Non… Et oui, je sais, c’était il y a quarante ans. Il y avait eu mai 68… Oui mais voyez-vous monsieur Lang, les enfants d’il y a quarante ans, étaient des enfants. Même corps, même innocence, même fragilité. Des adultes en devenir, auxquels on a volé quelque chose, volé, cassé, brisé, violé. Et cela me répugne, me révulse.

Je repense à cet Apostrophe dédié à Matzneff, dans lequel il se vantait de n’aimer que les très jeunes filles et garçons. Je repense au rire de gorge de son auditoire, à Pivot qui ose, l’appeler « professeur d’éducation sexuelle ». J’ai envie de vomir. Heureusement, Denise Bombardier et sa colère m’avaient fait du bien…

Je repense à Cloclo, tellement adulé, qui se vantait d’apprécier les fillettes de 14 à 17 ans…

Comment peut-on défendre cela ? Ne me parlez pas d’effet de mode, je refuse cet argument. Heureusement, tous les adultes de l’époque n’ont pas « adhéré ». Un vent « libertaire »… Bien sûr. C’est tellement facile.

Certains noms dans cette pétition me sont douloureux à lire. Vraiment.  Celui d’Aragon, qui me donne envie de pleurer. Et le vôtre aussi, oui.

Parce-que, voyez-vous, monsieur Lang, je vous estimais. Vous étiez à mes yeux, un bon ministre de la culture. Vous étiez le « père » de la Fête de la Musique. 1982, j’avais 15 ans. Vous étiez pour moi celui qui comprenait les jeunes, qui les aimait. Voilà…

Celui qui aimait les jeunes.

J’avoue aujourd’hui me sentir mal…

Alors non, définitivement pas « basta »… Ce n’est pas quelque chose que l’on balaye du revers de a main.

« Pardon », à la rigueur.

A la rigueur…