Une lumière dans la nuit, Suzanne.

 

 

 

 

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Escapade à Honfleur et Barneville la Bertran

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Une lumière dans la nuit, préface de Jean Quellien

 

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A une époque où nombre de généalogistes amateurs se lancent à la recherche de leurs ancêtres, la démarche de notre collègue Christelle Angaano, partie en quête de la mémoire de son arrière-grand-mère, pourrait sembler banale. Elle ne l’est pas.

En effet, Clara Chompton, n’était pas une femme ordinaire. En juin 1944, comme quelques habitants de Barneville-la-Bertran, non loin d’Honfleur, elle n’hésite pas à porter secours à des parachutistes britanniques tombés dans les bois de Saint-Gatien, à plus de 30 kilomètres de leur objectif : la fameuse batterie de Merville. Son geste est d’autant plus courageux qu’elle est, elle-même, d’origine anglaise. Naturalisée française, elle a de ce fait échappé en 1940 à l’internement dans l’un des camps destinés aux ressortissants des pays étrangers en guerre contre le Reich. Pour autant, elle n’en reste pas moins suspecte aux yeux de l’occupant allemand et le risque qu’elle prend n’en est que plus important.

A la suite d’une imprudence, elle est appréhendée avec six autres habitants de Barneville-la-Bertran. Commence alors pour Clara Chompton un calvaire dont les étapes sont celles que connurent bien des femmes arrêtées pour faits de résistance : le fort de Romainville, près de Paris, la déportation vers le camp de transit de Neue Bremm, à Sarrebrück, et enfin le camp de concentration de Ravensbrück dont elle ne reviendra pas.

En honorant la mémoire de sa bisaïeule,  Christelle Angano rend également hommage à tous ces Bas-Normands – et ils furent nombreux – qui n’hésitèrent pas, au péril de leur liberté et de leur vie, à apporter leur aide, au cours de la nuit du 5 au 6 juin 1944 et dans les jours suivants, aux nombreux parachutistes britanniques ou américains égarés à la suite d’erreurs de largage.

 

Jean Quellien

Professeur émérite d’histoire contemporaine

Université de Caen Basse-Normandie

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Une lumière dans la nuit

Qui n’en finit pas de briller.

 

Il y a quelque temps, un lecteur me demandait le mot qui me venait à l’esprit quand je pensais à l’acte d’écrire.

Respiration… c’est le premier mot qui m’était venu à l’esprit ; suivi de très près de « partage ».

Aujourd’hui, 12 jours après la publication d’Une lumière dans la nuit, cette idée de partage prend toute sa force. « Ecoutez » plutôt…

D’abord, il faut savoir que je ne réponds quasiment jamais quand on m’appelle sur ma ligne fixe, trop de démarcheurs. Sauf que cette fois-là, j’aurais dû.

Dimanche dernier, je décide de consulter mon répondeur. J’avais un message. Un message de monsieur M, c’est ainsi que je l’appellerai. À sa voix, je devine que monsieur M n’est plus très jeune. Et pour cause… C’est d’une voix très émue qu’il m’explique avoir vu l’article sur Une lumière dans la nuit. Il habite à Honfleur et il m’explique que gamin, il allait régulièrement chez Clara… (Imaginez ma surprise et mon émotion…). Il allait régulièrement chez Clara et même… il a gardé une photo de cette époque, photo qu’il me propose de m’envoyer. Monsieur M me laisse son numéro de téléphone, il attend mon appel, si toutefois je suis intéressée.

Si je suis intéressée ? C’est peu de le dire.

Je l’appelle dès le lundi. Notre discussion est interminable. Les souvenirs appellent les souvenirs ; j’ai les larmes aux yeux. Il me parle de mon arrière-grand-mère, telle qu’il la voyait enfant, dans les années 30. Je découvre non plus une résistante mais une femme simple, drôle, gaie… Monsieur M me parle de François, le fils de Clara, mort pour la France à 24 ans. C’était son copain. À cet instant, ils me semblent tous si proches… Clara, François dont le rêve était d’être écrivain…

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Monsieur M, suite

J’ai donc appelé Monsieur M. Discussion un peu « hors du temps », comme une faille temporelle.

Monsieur M a connu Clara. Il se souvient d’elle. Il me précise qu’il se souvient même de sa voix. Sa voix… Cette idée me laisse rêveuse. Quelle voix avait-elle ? Avait-elle un accent ?

Une fois encore, Clara me semble proche, très proche. C’est drôle, quand j’étais enfant, adolescente, tout ceci me semblait lointain, tellement lointain. Plus le temps passe, plus cette distance s’efface.

la voix de Clara…

cette précision m’interpelle vraiment beaucoup. Il faudra que je lui en parle. Il m’envoie la photo. Il est dessus, petit… Bien sûr, il me demande de la lui renvoyer après avoir fait faire une copie. je trouve cela touchant, cette confiance.

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Monsieur M me dit son émotion quand il a appris ma démarche. Pour Clara, et pour ses compagnons. Son émotion me rend fière.
Il me dit avoir recherché ses documents, cette photo, après avoir vu l’article paru dans Ouest-France. Il ne savait pas si j’avais des photos de Clara. Bien sûr, je lui ai dit que je l’appellerais quand j’irais à Honfleur, je serais ravie de le voir, de le saluer et bien sûr, je serai ravie de lui offrir mon livre, bientôt.
Voilà… Encore une belle rencontre à venir. Il y a encore quelques personnes qui ont connu Clara. C’est magique. Clara existe de plus en plus.
Il paraît que quand on tape dans ses mains, on fait revivre une fée…
Et quand on écrit sur personne disparue… la fait-on réexister… l’empêche-t-on de « partir » complètement ?
En tout cas, Clara ne m’a jamais semblé aussi… vivante.

Batterie de Merville Franceville, inauguration de la plaque commémorative, juin 2011

Je garde un souvenir ému de cette journée. J’étais invitée à représenter mon arrière-grand-mère lors de l’inauguration de la plaque commémorative en l’honneur des déportés de Barneville la Bertran. j’ai déposé la gerbe pour Clara. Un moment « fort ».

Je remercie madame Dagorn, la directrice du musée, monsieur Olivier Paz, maire de Merville-Franceville, de m’avoir conviée à cette cérémonie et Marcel Dupuis qui m’a contactée. Un très beau moment.

 

 

 

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Le 6 juin en Normandie

 

6 juin 2020.

Ce 76è  anniversaire n’est pas comme les autres, assurément.

Nous sortons tout juste de confinement, et pour la première fois, nous ne croisons pas de vétérans.  Et pourtant, ici et là, on peut voir les villages, petites villes et autres agglomérations se mettre sur leur 31 pour honorer cette date. A Douvres, les commerçants se sont réunis pour égayer le centre-ville, ballons tricolores, tenues tricolores.

C’est assez émouvant, cette volonté farouche de vouloir commémorer tous les ans cette date qui s’éloigne. Ici, les vétérans sont accueillis à bras ouverts, certains sont devenus des « familiers » et c’est toujours avec beaucoup d’émotion que l’on apprend que l’un d’entre eux ne sera pas au rendez-vous.

Alors pourquoi ? D’où vient cet attachement à cette date ?

 

Bien sûr je me suis posé la question. Je crois que la réponse réside dans nos paysages, et notamment dans nos plages.

 

Utah Beach, Omaha Beach, Gold Beach, Juno Beach, Sword Beach…

 

Elle est là, notre mémoire. Ces plages que Verlaine, intiment lié à cet événement, n’aurait certainement pas reniées. Peut-être d’ailleurs a-t-il lui aussi, aimé arpenter ces étendues magnifiques.

En ce qui me concerne, je les préfère à marée basse. Elles sont encore plus émouvantes, déparées et nues. Çà et là, quelques vestiges de la guerre apparaissent, au fil des marées. Caissons de port artificiel à Asnelles, épave au large de Utah Beach..  Dans les dunes, d’anciens blockhaus ou une casemate sont là pour nous rappeler l’Histoire.  On peut encore trouver parfois des « mèches » dans le sable, endormies là depuis 76 ans, que l’on encore faire exploser.

Sword Beach Juno Beach, Gold Beach, Omaha Beach, Utah Beach, …

           Oui, définitivement, nos plages sont habitées, hantées, diraient certains. Ce n’est pas forcément triste, non mais il règne, pour peu que la météo s’y prête une atmosphère pleine de solennité, de… gravité. Utah Beach, Omaha Beach, Gold Beach, Juno Beach, Sword Beach… A jamais, ces plages seront liées au 6 juin 1944, et ce n’est pas pour rien qu’une candidature pour une inscription des Plages sur la liste du patrimoine mondial (UNESCO) a été déposée en janvier 2018 par le gouvernement français, candidature  actuellement en cours d’instruction.

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