Batterie de Merville Franceville, inauguration de la plaque commémorative, juin 2011

Je garde un souvenir ému de cette journée. J’étais invitée à représenter mon arrière-grand-mère lors de l’inauguration de la plaque commémorative en l’honneur des déportés de Barneville la Bertran. j’ai déposé la gerbe pour Clara. Un moment « fort ».

Je remercie madame Dagorn, la directrice du musée, monsieur Olivier Paz, maire de Merville-Franceville, de m’avoir conviée à cette cérémonie et Marcel Dupuis qui m’a contactée. Un très beau moment.

 

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Le 6 juin en Normandie

 

6 juin 2020.

Ce 76è  anniversaire n’est pas comme les autres, assurément.

Nous sortons tout juste de confinement, et pour la première fois, nous ne croisons pas de vétérans.  Et pourtant, ici et là, on peut voir les villages, petites villes et autres agglomérations se mettre sur leur 31 pour honorer cette date. A Douvres, les commerçants se sont réunis pour égayer le centre-ville, ballons tricolores, tenues tricolores.

C’est assez émouvant, cette volonté farouche de vouloir commémorer tous les ans cette date qui s’éloigne. Ici, les vétérans sont accueillis à bras ouverts, certains sont devenus des « familiers » et c’est toujours avec beaucoup d’émotion que l’on apprend que l’un d’entre eux ne sera pas au rendez-vous.

Alors pourquoi ? D’où vient cet attachement à cette date ?

 

Bien sûr je me suis posé la question. Je crois que la réponse réside dans nos paysages, et notamment dans nos plages.

 

Utah Beach, Omaha Beach, Gold Beach, Juno Beach, Sword Beach…

 

Elle est là, notre mémoire. Ces plages que Verlaine, intiment lié à cet événement, n’aurait certainement pas reniées. Peut-être d’ailleurs a-t-il lui aussi, aimé arpenter ces étendues magnifiques.

En ce qui me concerne, je les préfère à marée basse. Elles sont encore plus émouvantes, déparées et nues. Çà et là, quelques vestiges de la guerre apparaissent, au fil des marées. Caissons de port artificiel à Asnelles, épave au large de Utah Beach..  Dans les dunes, d’anciens blockhaus ou une casemate sont là pour nous rappeler l’Histoire.  On peut encore trouver parfois des « mèches » dans le sable, endormies là depuis 76 ans, que l’on encore faire exploser.

Sword Beach Juno Beach, Gold Beach, Omaha Beach, Utah Beach, …

           Oui, définitivement, nos plages sont habitées, hantées, diraient certains. Ce n’est pas forcément triste, non mais il règne, pour peu que la météo s’y prête une atmosphère pleine de solennité, de… gravité. Utah Beach, Omaha Beach, Gold Beach, Juno Beach, Sword Beach… A jamais, ces plages seront liées au 6 juin 1944, et ce n’est pas pour rien qu’une candidature pour une inscription des Plages sur la liste du patrimoine mondial (UNESCO) a été déposée en janvier 2018 par le gouvernement français, candidature  actuellement en cours d’instruction.

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6 juin 2020 « Une lumière dans la nuit »… Images

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Ma chère Suzanne, ma Suzanne chérie

je ne pourrais te dire mon émotion de me dire que demain, je présenterai notre livre… Tu y es partout, toi qui n’es plus là. Je n’oublierai jamais ces discussions que nous avons eues toutes les deux pour faire exister Clara, pour lui redonner un souffle, et finalement, pour la laisser partir, reposer, comme ces fantômes que l’on délivre. Clara et François, qui t’avait tant émue.

Si tu savais ma Suzanne chérie, à quel point je suis touchée. ce petit ouvrage (eh oui, ce sera encore un petit livre), je l’ai écrit pour Clara, certes ; mais nous savons toi et moi, que je l’ai écrit aussi pour toi. Cela aurait pu être mon cadeau de fête des mères, toi qui étais la mère que je m’étais choisie, celle qui m’a appris à vieillir, qui m’a aidée à grandir aussi. Je te disais souvent que tu étais la femme de ma vie. Et cela te faisait rire, ou râler ; tu me reprochais parfois d’être trop « sentimentale ». Et bien au contraire, sache qu’aujourd’hui, je suis heureuse de t’avoir dit que je t’aimais, dès que je le pouvais. D’ailleurs, je te le dis, une fois encore : je t’aime.

Je pense que tu aurais aimé ce livre. Tu sais que Léo a parlé de Clara en classe ? Quelle fierté pour moi. je sais que cela t’aurait touchée. Alors voilà, dans cet « après » auquel je ne crois pas vraiment, tu as peut-être retrouvé cette Clara que tu admirais tant. Si c’est le cas, et j’aimerais bien que cela le soit, je vous embrasse toutes les deux. je suis fière d’être votre (arrière)-petite-fille.

Votre Christelle.

A propos de Une lumière dans la nuit…

 

 

 

Voici la préface de mon ouvrage ; que m’a fait l’honneur de rédiger monsieur Jean Quellien, Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Caen Basse-Normandie.

Je ne le remercierai jamais assez.

A une époque où nombre de généalogistes amateurs se lancent à la recherche de leurs ancêtres, la démarche de notre collègue Christelle Angano, partie en quête de la mémoire de son arrière-grand-mère, pourrait sembler banale. Elle ne l’est pas.

En effet, Clara Chompton, n’était pas une femme ordinaire. En juin 1944, comme quelques habitants de Barneville-la-Bertran, non loin d’Honfleur, elle n’hésite pas à porter secours à des parachutistes britanniques tombés dans les bois de Saint-Gatien, à plus de 30 kilomètres de leur objectif : la fameuse batterie de Merville. Son geste est d’autant plus courageux qu’elle est, elle-même, d’origine anglaise. Naturalisée française, elle a de ce fait échappé en 1940 à l’internement dans l’un des camps destinés aux ressortissants des pays étrangers en guerre contre le Reich. Pour autant, elle n’en reste pas moins suspecte aux yeux de l’occupant allemand et le risque qu’elle prend n’en est que plus important.

A la suite d’une imprudence, elle est appréhendée avec six autres habitants de Barneville-la-Bertran. Commence alors pour Clara Chompton un calvaire dont les étapes sont celles que connurent bien des femmes arrêtées pour faits de résistance : le fort de Romainville, près de Paris, la déportation vers le camp de transit de Neue Bremm, à Sarrebrück, et enfin le camp de concentration de Ravensbrück dont elle ne reviendra pas.

En honorant la mémoire de sa bisaïeule,  Christelle Angano rend également hommage à tous ces Bas-Normands – et ils furent nombreux – qui n’hésitèrent pas, au péril de leur liberté et de leur vie, à apporter leur aide, au cours de la nuit du 5 au 6 juin 1944 et dans les jours suivants, aux nombreux parachutistes britanniques ou américains égarés à la suite d’erreurs de largage.

 

Jean Quellien

Professeur émérite d’histoire contemporaine

Université de Caen Basse-Normandie

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Un bien joli moment…

Il y a un moment qui m’émeut toujours beaucoup quand je m’apprête à publier un livre : c’est quand je reçois la maquette de sa couverture. C’est chose faite.

Une fois encore, je veux remercier les Éditions de La Rémanence, et Mathilde Palfroy, mon éditrice parce qu’elle m’a toujours suivie dans mes choix.  Je veux aussi saluer Marie-Pierre Charbit, notre maquettiste, à qui l’on doit ces si belles couvertures. Une fois encore, le résultat est vraiment très beau.

Oui ce moment est terriblement émouvant. Cela devient plus… »concret ». Il faut dire que, pour la première fois, j’ai eu beaucoup de difficultés à trouver et le titre, et bien sûr la couverture. Puis soudain, ce fut comme une évidence. les deux se sont imposés à moi, en même temps.

Je suis donc heureuse et émue de vous annoncer la parution prochaine de mon livre Une lumière dans la nuit.

Il s’agit d’une reprise de l’ouvrage que j’avais consacré à mon arrière-grand-mère, Clara. reprise donc, mais pas seulement…

Voilà…

Pour le reste, il va falloir attendre un peu…

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