Être prof …

EDUCATION – Professeur, est-ce vraiment le plus beau métier du monde? Il y a de quoi en douter, surtout si l’on se fie à la perception qu’en ont les principaux intéressés. C’est pour en savoir plus que l’association SOS Education a demandé à l’Ifop de réaliser un sondage dont les résultats sont publiés ce mercredi 18 juin sur son site. Il porte sur le moral des enseignants du secondaire.

Environ 500 profs ont été interrogés sur leurs conditions de travail, le climat social au sein des établissements et leur optimisme sur l’avenir du métier. Et la tendance n’est pas bonne. « Notre enquête rappelle le réel: les professeurs sont à bout », note SOS Education qui se présente comme « la plus grande association indépendante qui milite au quotidien pour une école plus efficace ».

Pour tenter de convaincre, elle met en avant cinq chiffres.

 

  • 54% ont déjà connu un burn-out

Plus de la moitié des professeurs interrogés (54%) déclarent avoir été en situation de burnout, au moins une fois depuis le début de sa carrière dans l’Education nationale. « Cela se traduit par un épuisement émotionnel ou physique, une réduction de la productivité au travail et un sentiment de dépersonnalisation », notent les auteurs de l’enquête.

Il est à noter que la proportion monte à 62% quand il s’agit de professeurs agrégés et qu’elle dépasse les deux-tiers (67%) lorsque l’on interroge les enseignants contractuels. Les professeurs en fin de carrière, les plus de 60 ans, sont les moins exposés (42%).

  • 68% a déjà pensé à changer de métier

Conséquence directe de ce ras-le-bol, nombreux sont les professeurs qui envisagent de changer de métier. Ils sont 68% à avoir déjà pensé le faire; 20% y pensent même régulièrement. Dit autrement, moins d’un tiers des enseignants envisagent de faire toute sa carrière devant les élèves.

  • 40% se sentent délaissés par leur hiérarchie

Plusieurs éléments viennent étayer ce sentiment général. Il y a tout d’abord l’impression d’être abandonné; 40% des enseignants interrogés disent ne pas avoir le soutien de leur hiérarchie.

D’autres chiffres peuvent également apparaître préoccupants: moins de 2/3 des professeurs disent être respectés par les parents d’élèves. Ils sont même 15% à déclarer ne pas être en sécurité dans l’établissement où il enseigne. Étonnamment, le taux monte à 38% pour les professeurs qui officient dans la filière technologique.

  • 37% a été victime d’insulte au cours de l’année

Autre fait préoccupant, plus d’un tiers des enseignants du secondaire (37%) a été victime d’une insulte ou d’un propos calomnieux de la part d’un élève. Le taux grimpe à 47% pour un professeur dont l’établissement est situé en zone d’éducation prioritaire (Zep).

Plus d’un professeur sur dix (12%) a également été victime d’une agression dans le cadre de ses fonctions. Ils sont même 40% si l’on se concentre sur les professeurs agrégés.

  • 51% déconseillent à leur enfant de faire le même métier

Les professeurs ne sont pas optimistes pour leur métier. Cela se constate avec un dernier chiffre: 51% déconseillent à leur enfant de suivre la même voie qu’eux. En 2011, un sondage équivalent fait auprès de l’ensemble de la population française donnait un tout autre résultat: 64% des Français encourageaient leur enfant à devenir professeur.

« Alors que les 2/3 des Français se disent prêts à encourager leur enfant s’il souhaite devenir enseignant, chez les professeurs, une majorité déclare le contraire. C’est surtout le cas des professeurs agrégés, plus sensibles à l’effondrement des exigences académiques, et des enseignants du public, dont les conditions de travail sont généralement plus dégradées que dans le privé », déplore SOS Education.

Et l’association de conclure: « Nous espérons que ce sondage va créer un électrochoc pour que l’Éducation nationale se donne enfin les moyens de restaurer l’autorité et la dignité du métier d’enseignant. »

Le HuffPost

Cet article est somme toute assez réaliste. Oui.  Et oui, je me reconnais de moins en moins dans l’école d’aujourd’hui. Cette école qui fait que malheureusement parfois, certains se retrouvent sur le carreau (je parle d’élèves), et que je n’ai pas de solutions à apporter. Je ne crois plus en notre système éducatif, ou en tout cas, de moins en moins.

Je n’en peux plus de n’être remplacée qu’au bout de 3 semaines d’absence.  3 semaines, c’est énorme. Il faut être vraiment malade pour être arrêté 3 semaines.

Et pour autant, je REFUSE de remplacer mes collègues malades. Ou alors, je fais un cours de maths, d’histoire-géo … Bref, c’est n’importe quoi ! Je refuse ! Qu’on embauche des remplaçants !

Et je refuse de me faire engueuler (comme c’est chaque fois le cas) parce-que je ne suis pas remplacée si je suis malade. Je préfèrerai qu’on me demande de mes nouvelles … Pourquoi pas ?

Cependant, je pense que toute la responsabilité de cette situation pour le moins préoccupante n’incombe pas entièrement à l’Éduc Nat.

Le mépris de l’enseignant est un peu un phénomène de société. En tant que prof, c’est votre regard à vous qui peut me blesser, qui me blesse souvent.

Parce-que j’angoisse à l’idée d’être malade (mais que vont dire les parents), à l’idée qu’un de mes enfants puisse l’être aussi … Parce-que je suis condamnée à m’entendre dire que je suis payée (grassement paraitrait-il) à rien foutre, (précisons que j’ai par exemple, passé une grande partie de mon dimanche à faire des bulletins … par exemple, que je travaillerai chez moi au mois de juillet … ) que je ne sers pas grand chose, si l’on considère que tout un chacun aujourd’hui s’improvise prof de français …  Ce qui n’est pas forcément le cas avec les maths ou les matières scientifiques …

Il y a aussi l’agressivité de certains, anciens élèves aigris et qui règlent avec les profs de leurs enfants ce qu’ils n’ont osé faire avec leurs propres enseignants.

Mon année scolaire se termine, et je suis sur les rotules. Et pourtant, je travaille à temps partiel, ayant décidé de prendre du temps pour écrire. Mes collègues sont eux aussi épuisés. Tous. Cela fait belle lurette que nos élèves se croient en vacances. Il faut donc développer des trésors d’ingéniosité pour les faire travailler.

Parce que passer sa journée à gueuler est impossible. Et que ce n’est certainement pas ainsi que j’envisage mon métier.

Bref, oui c’est vrai … Dès que je le pourrai …  JE CHANGERAI !

Aux vacances (pardonnez ce trait d’humour), je préfère … le respect !

 

 

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