Incipit « Clara Champton »

Le jour se lève doucement sur Barneville la Bertran en ce 19 juin. Tout est éteint dans la jolie maison à colombages. Les volets sont fermés, les lumières éteintes. La maison est silencieuse, peut-être encore endormie.  Si l’on tend l’oreille, on perçoit le chant cristallin du petit ruisseau qui s’écoule gaiement derrière la maison ; celui-là même qui faisait le bonheur des enfants, au temps des vacances et des écrevisses que l’on pêchait, les pantalons retroussés sur les mollets, quand les cousins venaient nous rejoindre aux beaux jours. Il y a de cela longtemps ; c’était … avant.

Parce-que si aujourd’hui, tout a l’air calme et serein, ce n’est qu’apparence.  Nous sommes le 16 juin 1944 et bientôt, dans quelques minutes à peine, des soldats allemands viendront arrêter la locataire des lieux, Madame Clara Champton ;  mon arrière grand-mère.

Effectivement, ils arrivent et frappent à la porte. Clara est seule, Robert, son fils et sa jeune épouse, heureusement, sont absents. Ils viennent d’emménager à Vasouy, près d’Honfleur.  De toute façon, c’est bien elle, Clara, que l’on vient chercher.

Sans ménagement, on l’emmène à Honfleur, à la Kommandantur. On a des questions à lui poser, au sujet de parachutistes britanniques qu’elle aurait aidés. Et puis, Clara Champton, née Matthews,  bien que naturalisée Française, reste d’origine Anglaise, et bien sûr, cela ne joue pas en sa faveur en ce mois de juin 1944. Nous sommes en pleine bataille de Normandie et les troupes allemandes sont sur « les dents ».

(À paraître)

0 réponses

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *