Lettre aux moineaux

 

Toi, le petit gamin craintif, petit moineau perdu. Tu oses à peine déployer tes ailes de peur de voir les rapaces fondre sur toi. Parce que, là où tu es, tu vis un enfer.

Toi, jeune adolescente, déjà brisée. Tu te caches des regards, de ces mains parfois, qui t’oppressent, qui t’agressent, Tu te caches de ces paroles, sifflantes, ces rires qui te déchirent, ces sifflets qui te blessent, ces surnoms qui te violent.

En classe, j’ai du mal à me concentrer. Surtout, quand se rapproche l’heure de la récré… Je suis Cosette, le Petit Chose…

Des livres… des livres…

Délivre-moi plutôt, de cette angoisse qui me prend le ventre ; toi l’adulte, toi qui es fort, toi qui n’as pas peur d’eux…

Parce que, dans ton école, dans ton collège, dans ton lycée… C’est la peur que j’apprends, c’est la honte et le dégoût des autres, et de moi, trop petit pour me défendre, trop seul surtout. Parfois, je me crois lâche. Parfois, je me préférerais mort. Au moins, je n’aurais plus à subir, à supporter…

Et toi ? Toi, l’Adulte. Où es-tu ? N’es-tu pas censé(e) me protéger ?

Oui, et moi…

Mais moi,… Moi, je suis là.  Près de vous. Pour vous. A l’affut. Parfois je tremble à l’idée de ne pas voir, de « passer à côté », de décevoir cette confiance que vous placez en nous. Je guette le cartable balancé dans les haies, les larmes effacées furtivement, le croche-pied dans l’escalier, l’insulte proférée.

Oui, je suis là.

Nous sommes là.

Alors, s’il vous plaît les enfants, Aidez-nous à vous aider :

Parlez…

 

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