Lettre de Poilu

Voici la lettre d’Anna. Tellement émouvante et bien vue.

 

7 Septembre 1916

Ma chère femme,

Je viens de finir de déjeuner. Nous sommes à peu près bien nourris mais ce n’est pas ta bonne cuisine qui me manque tant. Et toi aussi, tu me manques plus que tout, ma Anne, mon coeur.

Ta présence et celle de notre fils me manquent tellement dans les tranchées.

Ici, la vie est dure, entre les morts sans fin, les explosions, les gaz asphyxiants, les attaques et les blessés à perte de vue, nous n’avons pas le temps de fermer un oeil, ou bien de penser à ce qui pourrait nous arriver.

J’espère que la situation à la ferme n’est pas trop difficile. sans la moisson, je ne sais pas comment tu as pu nourrir toute la famille et les bêtes. Je me demande comment vous avez fait, le père et toi, pour faire les récoltes, sans le cheval. Heureusement qu’il y a le potager de la mère et les lapins.

Avant-hier, nous avons pris d’assaut les allemands et ça n’a été que douleurs. J’ai vu mon plus cher camarade se faire achever alors qu’il mitraillait le camp adverse. Je n’ai pas pu lui dire adieu, le pauvre. Il avait laissé sa femme et ses cinq enfants en leur promettant de revenir libre.

Ma douce Anne, je te promets de revenir en vie à la maison. D’ici quelques semaines, la guerre sera terminée…

Je suis redescendu de première ligne hier matin et je n’ai qu’une envie, c’est de me laver. Les tranchées sentent la mort et je suis plein de sang, celui de mes compagnons. Sans parler de la boue au fond des tranchées, dans laquelle on s’enfonce jusqu’aux mollets et qui nous refroidit les doigts de pieds.

Prends soin de Georges et ne t’inquiète pas. je reviendrai bientôt à vos côtés. Bonne santé à vous tous.

je t’embrasse tendrement,

ton bien-aimé

Louis.

 

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