L’Oiseau-Lire

 

Je Le reconnus.

L’Oiseau-Lire hantait déjà mes rêves d’enfant. Je lui offris un sourire timide, il me tendit un merveilleux livre.

Je m’en emparai, frissonnante de bonheur. Son cuir rouge sombre embrasa mon âme.   Lui, fit le dos rond. Doucement, au fil de ses pages, l’effeuillage put commencer, subtil et sensuel. Face à Lui, je me dénudai. Il m’envoûtait, je me donnai. Une main se tendit vers moi, s’empara de la mienne.

Je suis Peter Pan et je m’envole. Ils sont tous là. Le Petit Prince et sa rose, le renard apprivoisé ; Madame Bovary, Colin et Cloé. Cyrano dans les étoiles, Roxane endeuillée. Les lignes s’offrent à moi, comme autant de lignes d’horizon, s’entrelaçant, lignes de vie tant de fois lues et déchiffrées.

Mais soudain, l’ouvrage se referma, emportant avec lui mes amis de papier. L’Oiseau-Lire me regarda tendrement.

Une plume de lumière vint alors se poser sur ma main.

Et je compris.

Ce livre à la couverture rouge sombre, c’était celui qu’un jour j’écrirais.

 

Christelle Angano

Novembre 2015

 

 

 

 

 

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