Ma chère Augustine

Sacré texte encore. Bravo Zoé

20 février 1916

 

Je profite du départ d’un camarade pour Caen, pour lui remettre cette qui peut-être te parviendra plus vite. Tout d’abord, sache que tu me manques. Je revois dans mon esprit nos beaux souvenirs, dans notre maison de campagne l’été arrivant… et cela me donne la force de persister.

Ici tout n’est que néant et désarroi. Le froid et la famine qui se fait ressentir. les rats dans les gourbis. Pas plus tard qu’hier, j’ai vu un de mes camarades se faire transpercer de plusieurs éclats d’obus. Son cadavre a été retrouvé en haut d’un arbre.

Cette affreuse guerre m’horrifie. Les morts sont nombreux et nous sommes obligés d’empiler leurs corps pour nous protéger des tirs ennemis. Quand je pars au combat, j’ai peur que ce soit moi qui termine par terre, les entrailles arrachées et criblées de balles. A chaque fois, je m’efforce de ne pas pleurer.

Demain, nous partons pour Verdun. J’espère que cette bataille ne causera pas de pertes innombrables  et qu’elle nous conduira à la victoire. cependant, notre barda est si lourd à porter, je souhaite qu’il ne nous désavantage pas, moi et l’infanterie.

En ce moment, les hommes sont découragés et ne veulent plus se battre. Cela créé des mutineries. le pire, c’est que nos généraux face à ces révoltes, n’hésitent pas à faire exécuter ceux qui ne veulent pas aller batailler.

Ne t’inquiète pas, je ne suis pas de ces gens là.

je compte sur toi pour faire part de toutes ces informations à la presse la plus proche.

Sinon, je vais bien et je suis en bonne santé. J’espère te trouver de même à mon retour.

Embrasse bien fort nos enfants de ma part.

Ton mari qui t’aime,

Pierre

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