Monsieur le Président …

 

Municipales 2014

Municipales 2014

Monsieur, Madame le Secrétaire général de l’Elysée

C’est en désespoir de cause que je me tourne vers vous aujourd’hui. Je suis maman d’un jeune fille handicapée mentale âgée de vingt ans, Mélina. Victime d’une anoxie cérébrale lors d’un choc opératoire, son handicap est « estimé » à 80 %. Mélina ne sait pas encore lire mais pour autant, c’est une jeune fille qui s’exprime très bien, curieuse et très sociable. Scolarisée en IMPro où elle apprend la cuisine, Mélina est résolument tournée vers les autres. C’est pour cela qu’elle attache énormément d’importance à remplir son devoir de citoyenne. Mélina a d’ores-et-déjà voté aux municipales et aux européennes. Cela a été une grande fierté pour elle que de participer à la vie de son pays. Pour ce faire, je lui ai expliqué les tenants et les aboutissants, posément et honnêtement. Je suis enseignante, professeur de français en collège. L’éducation à la citoyenneté est une valeur à laquelle je crois et j’y travaille quotidiennement avec mes collégiens.


Mais revenons à Mélina. (Pardonnez le ton peu conventionnel de cette missive …). J’ai reçu ce matin le jugement qui m’accorde la tutelle de ma fille, et je découvre avec stupeur que l’on lui a supprimé son droit de vote. Mélina a juste besoin d’être aidée (elle est en train d’apprendre à lire). Comment lui expliquer qu’elle n’a pas voix au chapitre ? Que son avis n’intéresse personne ? Nous parlons beaucoup en ce moment de citoyenneté, de morale, de tolérance, d’insertion … et à juste titre. Pourtant, aujourd’hui, Monsieur le Président, je suis doublement désabusée : en tant que mère et aussi en tant qu’enseignante.

Je connais votre sens de la justice, c’est la raison pour laquelle je me permets d’avoir recours aujourd’hui. Je suis une maman, une citoyenne, une enseignante attachée aux valeurs républicaines. J’attends donc que la République soit juste.
Je viens de publier un ouvrage-témoignage intitulé « De Vous à Moi » aux Éditions de La Rémanence. J’étais fière de l’achever sur un texte « A voté ». Devrais-je réécrire la fin de mon ouvrage?
Je vous remercie de l’attention que vous porterez à ce courrier et

Je vous prie d’agréer, Monsieur, Madame le Secrétaire général de l’Elysée, l’expression de mon profond respect.

Madame Christelle Anjou-Mafille

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