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Ceci n’est pas une école…

 

Surtout quand il n’y a pas un ordi par tête de pipe (ah ah ah)

Bilan d’une semaine mouvementée. Pas simple les visio « madame, ça marche pas ! je suis dans votre salle d’attente » (virtuelle, évidemment !)… « Madame, je tiens à vous signaler que ma fille n’a pas pu assister à votre cours… Qu’allez-vous faire ? Que proposez-vous ? »

Ma foi, madame, rien de plus. En plus ce n’est pas encore la saison des fraises (https://auboutdemaplume.fr/a-propos-de-fraises-lettre-ouverte/)

Ah oui, les visio ne sont pas obligatoires… Voilà voilà. J’dis ça, j’dis rien…

C’est vrai quoi.

hein Roger 😉

Covid et handicap… Une fois encore…

Une fois encore ce sentiment d’être laissé pour compte.

Une fois encore cette impression du « débrouille-toi ».

Parce qu’il y a les textes. Et qu’il y a la vie.

Comment expliquer que des jeunes adultes en situation de handicap ne soient pas soit, prioritaires pour le vaccin, soit, déjà vaccinés ? Huitième test nasopharyngé en 6 mois…

Et toujours pas de vaccin en vue.

Certes, nos jeunes n’ont pas 75 ans, certes. Mais je connais des septuagénaires moins fragiles que ne peuvent l’être ma fille, et ses collègues. Moins exposés aussi. Il est évident que travailler en ESAT, prendre le bus tous les jours, expose davantage qu’être retraité chez soi, voire en EHPAD. Alors, non…  Je ne comprends pas. Alors oui, je suis en colère.

Je ne comprends pas non plus que l’on ne réserve pas le vaccin pfizer aussi à nos jeunes, dont on sait que les effets sont moins potentiellement « violents » que l’astrazeneca.

Ah si, nos jeunes n’ont pas 75 ans.

Toujours ces textes, ces fameux textes. Que les parents dans ma situation subissent depuis toujours. Trop handicapé pour les uns, pas assez pour les autres. Trop jeune, trop vieux, pas assez vieux… Trop tout… Ou pas assez, je ne sais plus.

Tout cela me renvoie à l’époque où j’ai du menacer de faire un sitting pour que ma fille passe une IRM (pas dossier neuro, me disait on) pour qu’enfin de compte, après un long combat, j’aie fini par obtenir gain de cause. Pour que l’on me dise « dommage que l’IRM ait été fait si tard », certains troubles auraient certainement pu être « rééduqués », atténués.

Oui, dommage.

Bon courage à tous les parents dans ma situation, à tous les jeunes et moins jeunes dans la situation de ma fille.

 

« J’ai fait une connerie et…

basta » ?

« J’ai fait une connerie et basta »… ?

Telle est la réponse de l’ancien ministre de la culture sous François Mitterand et actuel directeur de l’Institut du monde arabe, Jack Lang, au micro de Sonia Mabrouk sur Europe 1, le 18 janvier 2021.

Apposer son nom à une pétition pro-pédophilie n’est pas une simple connerie. Non… Et oui, je sais, c’était il y a quarante ans. Il y avait eu mai 68… Oui mais voyez-vous monsieur Lang, les enfants d’il y a quarante ans, étaient des enfants. Même corps, même innocence, même fragilité. Des adultes en devenir, auxquels on a volé quelque chose, volé, cassé, brisé, violé. Et cela me répugne, me révulse.

Je repense à cet Apostrophe dédié à Matzneff, dans lequel il se vantait de n’aimer que les très jeunes filles et garçons. Je repense au rire de gorge de son auditoire, à Pivot qui ose, l’appeler « professeur d’éducation sexuelle ». J’ai envie de vomir. Heureusement, Denise Bombardier et sa colère m’avaient fait du bien…

Je repense à Cloclo, tellement adulé, qui se vantait d’apprécier les fillettes de 14 à 17 ans…

Comment peut-on défendre cela ? Ne me parlez pas d’effet de mode, je refuse cet argument. Heureusement, tous les adultes de l’époque n’ont pas « adhéré ». Un vent « libertaire »… Bien sûr. C’est tellement facile.

Certains noms dans cette pétition me sont douloureux à lire. Vraiment.  Celui d’Aragon, qui me donne envie de pleurer. Et le vôtre aussi, oui.

Parce-que, voyez-vous, monsieur Lang, je vous estimais. Vous étiez à mes yeux, un bon ministre de la culture. Vous étiez le « père » de la Fête de la Musique. 1982, j’avais 15 ans. Vous étiez pour moi celui qui comprenait les jeunes, qui les aimait. Voilà…

Celui qui aimait les jeunes.

J’avoue aujourd’hui me sentir mal…

Alors non, définitivement pas « basta »… Ce n’est pas quelque chose que l’on balaye du revers de a main.

« Pardon », à la rigueur.

A la rigueur…

Oh le beau badge !

 

D’abord on a eu les fraises.

D’abord… Je n’avais pas aimé ; moi qui adore les fraises. Avec un soupçon de vinaigre balsamique et du basilic. je ne reviendrai pas sur cet épisode ; j’avais d’ailleurs écrit un article à ce moment, plus de 1000 fois partagé.

Et puis, il y a eu les « profs décrocheurs ». La formule m’avait laissée perplexe. peut-être parce que c’est un vocabulaire que l’on utilise plutôt pour parler de certains élèves. Bref, je prends un coup de jeune ! même si je ne l’étais pas… décrocheuse ! Oui, un peu infantilisant, m’étais-je dit à l’époque. Fallait-il voir là une « maladresse » ou était-ce u procédé pour participer à ce que l’on a appelé le « prof bashing » ? Seuls le savent ceux qui ont utilisé ce terme.

 

Maintenant, il y a les « médailles ».

Les médailles… Elles me renvoient tout de suite à l’époque des images  (voire aux bonnets d’âne)  que l’on pouvait se voir décerner à l’école. Images, puis tableaux d’honneur…

Elles me renvoient également à mon manuel des castors Juniors (vous l’avez eu vous ?), ou à mes cours de ski (j’avais eu le flocon, jamais été foutue de décrocher une seule étoile !).

Alors, je m’imagine avec mes collègues jouer dans la cour. Chacun avec son badge, jouant une improbable partie de pokémons. Ou tentant d’échanger un rose contre un bleu,

  • j’ai l’explorateur ! T’as trop d’la chance ! Toi t’as le bâtisseur ! Tu me le prêtes dis !
  • ça dépend ! Tu me l’échanges contre quoi ?
  • euh ! ma clé usb ? Un paquet de copies corrigées ? Allez, sois cool !
  • Non ! J’te dis ! T’avais qu’à pas décrocher !

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Coup de gueule de prof

Alors il paraît que les profs sèchent leurs cours ? Qu’ils se croient en vacances ? Qu’ils profitent de la situation…

Bien sûr…

J’entends Didier Giraud   « La plupart des profs n’ont pas travaillé ».  « Finies les vacances au boulot » « Les premiers qui ne veulent pas revenir à l’école, c’est les profs »…

C’est insupportable. C’est insultant. C’est… méprisable.

Des fraises de Sibeth aux insultes de D Giraud… Combien de temps va t-il falloir encore supporter tout cela ?

En ce qui me concerne, je n’ai pas repris en présentiel. Parce que je ne PEUX pas, et non pas parce que je n’en ai pas envie.  Parce que voyez-vous, monsieur, je ne suis pas que prof. Je suis aussi et avant tout, oui avant tout, une femme, avec une famille. Ainsi, cela va peut-être vous surprendre, mais je ne fais ce que je veux, mais bel et bien ce que je peux.

Alors je fais mon boulot, le mieux possible. J’y mets tout mon cœur et le savoir-faire que j’ai acquis ces dernières semaines, à force de me former pour mieux m’adapter à cette situation inédite. Et nous sommes une très très grande majorité à avoir fait notre travail sérieusement, consciencieusement.

Bref, tout ce discours est tellement réchauffé, et surtout démagogique. Flatter en crachant sur les profs… Détourner la colère en proposant une cible, toute trouvée : les profs.

Dans une de ses chansons, le regretté Greame Allwright chantait  » je crois que je peux prédire, même n’étant pas prophète, qu’un jour ou l’autre, ça va vous tomber sur la tête… »  (tu joues joues joues)

Oui, je crois qu’un jour, notre société s’en mordra les doigts… D’ailleurs la preuve, de moins de moins de jeunes passent le concours… Sur qui taperez-vous quand vous n’aurez plus d’enseignants ?

Voilà. Ah oui, au fait, je tiens à préciser que ce ne sont pas les profs qui ont créé le Covid pour se barrer en vacances plus tôt.

 

A propos du 11 mai…

S’il-vous-plaît, arrêtez de me rappeler que pendant le confinement; des enfants sont maltraités et que certains (les mêmes souvent) ne mangent pas à leur faim et que donc… Bref, et je crois pouvoir parler au nom de tous mes collègues, d’ici et d’ailleurs, nous en avons parfaitement conscience, et cela nous importe et nous inquiète, soyez en sûrs. Pour autant, je revendique aussi le droit à l’inquiétude devant un déconfinement qui me semble rapide et difficile à organiser. Sans parler des profs qui soit sont potentiellement fragiles, soit qui ont chez eux, des personnes à « protéger ». C’est mon cas. Point de morale, cela devient gonflant. Merci…

What do you want to do ?

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A propos de fraises… (lettre ouverte)

Madame,

Ce n’est pas la première que j’entends, que je lis des propos pour le moins déplacés, au sujet des enseignants. D’habitude, cela « glisse ». Et puis là, allez savoir pourquoi, cela ne passe pas.

Je ne digère pas.

Il faut dire que les fraises sont réputées pour être difficiles à digérer. Je dirais même plus, leur pouvoir allergène est également bien connu. Urticaire, eczéma… cela doit être ça.

Pourquoi donc cette réaction quasi épidermique ?

Peut-être parce depuis deux semaines, je m’évertue (et je ne suis pas la seule) à garder un contact avec mes élèves. A diversifier mon enseignement pour les « retenir ». Une journée de prof confinée… Lisez plutôt.

Weekend avant J1 : je passe des heures à me former à la visioconférence. Création de compte, formation, formation de collègues, une fois que j’ai compris. Cours à retravailler, corrigés à adapter. Recensement des élèves non connectés. Appels aux familles concernées. On rassure quelques parents paniqués, quelques élèves égarés aussi. On s’adapte aux élèves en difficulté… Parce que, il faut bien le dire, il y a ceux qui restent de côté. Ceux qui ne sont pas connectés, ceux dont les parents « télétravaillent », ceux qui n’ont pas d’ordinateur…

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Sérieusement…

 

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La Mise en examen tant attendue

Sanofi,

Enfin, la mise en examen tant attendue !

Je pense aujourd’hui à mon petit Juluan, ma petite « victime collatérale », selon la formule consacrée… Votre formule.

Vingt-huit ans déjà… Vingt-huit ans seulement… Et toujours la même envie de hurler. Quel jeune homme aurait été mon fils ? La question n’en finit pas de me hanter. Vingt-huit ans… Et vous saviez…

Sanofi mis en examen…

Je pense aujourd’hui à ma fille Mélina. A notre combat de chaque jour. Vingt-cinq ans déjà… L’hôpital, la kiné, les souffrances, l’attente de la prise en charge tant espérée, les affronts, les déceptions, et enfin, cette place tant attendue… en ESAT.

Sanofi mis en examen…

Je pense aujourd’hui à Léo. Les visites chez l’orthodontiste, douloureuses, régulières… depuis huit ans. Je pense à son angoisse face à l’avenir, à sa colère aussi.

Sanofi mis en examen…

Je pense à Erwan, le frère aîné. Le seul épargné…  Son chagrin face à ce frère disparu, ses angoisses face à sa sœur éprouvée, ses inquiétudes, face au « petit dernier ».

Alors, oui Sanofi… Cette mise en examen me comble d’aise. Pour un peu de justice, pour enfin la Vérité. Que le statut de victimes soit accordé à nos enfants… ceux-là même qui ont été « empoisonnés ».

Enfin, je veux remercier l’APESAC et Marine Martin, pour son travail. Elle a remué ciel et terre pour que tout ceci puisse arriver. Merci à Me Oudin et à ses confrères.

N’oublions pas que la dépakine (et dérivés), ce sont quelque 7030 victimes, 1496 avortements et 156 décès.

Christelle