Quand les plus jeunes s’amusent à prendre la plume

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Alban vous dit : NON MERCI

Et que faudrait-il faire ?

Devenir le chevalier servant d’un puissant seigneur

Et comme le gui s’accroche aux branches de l’arbre

Et s’en nourrit en suçant sa sève

Grandir silencieusement plutôt que de se hisser comme le chêne ?

Non merci !

Flatter comme tous ces amuseurs

Les gens de pouvoir, les caresser, les cajoler

Pour recevoir d’eux juste quelques risettes

Ou quelques compliments ?

Non merci !

S’enchaîner, redouter les revers

Préférer les courbettes à la chansonnette,

Écrire des compliments pour être au premier rang ?

Non merci ! Non merci ! Non merci !

Mais… Siffler

Penser, m’esclaffer, m’évader, m’isoler, faire ce qui me plaît !

Rester vigilant et toujours m’exprimer à haute voix !

Enfiler si j’ai envie, mon manteau à l’envers

Provoquer un duel pour de petites raisons.

Je ne suis pas un roc ! Je ne suis pas une montagne !

Mais je tiens à m’élever par moi-même,

Au-dessus de la masse !

Alban

Où on va, Papa ?

J’avais demandé à mes élèves quel était l’extrait qu’ils avaient préféré et pourquoi… 

Voici la réponse d’Oscar. Il m’a autorisée à la publier. J’essaye de convaincre Oscar de continuer à écrire…

« Si mon oncle avait été comme les autres, il aurait eu une femme belle, gentille et agréable.

Des fils drôles, cool, avec lesquels je me serais bien entendu.

Mes grands-parents auraient été heureux et fiers en voyant leurs deux beaux garçons.

On aurait fait du sport ensemble, sur la plage, l’été.

Et tout le monde aurait été heureux.

Mais il aurait pu avoir une femme qui le trompe chaque semaine avec un homme différent.

Il aurait pu avoir des filles ennuyantes et ennuyeuses.

Il se serait fâché avec son frère, mon père, pour une histoire débile.

On ne se serait vus qu’une fois par an et on ne se serait parlé que très peu.

 

Peut-être même que je serais devenu comme d’autres débiles, à me moquer des personnes en situation de handicap…

NON MERCI !

J’avais demandé à mes Cyrano en herbe une tirade qui répondrait à la phrase « Tu devrais être raisonnable ». Voici la réponse d’Oscar :

Un grand homme moi, raisonnable ?!

Ne plus avoir ce sentiment de liberté,

Qui de pierre deviendrait grain de sable ?

Ou bien devenir oiseau aux ailes cassées ?

Non merci !

Ne plus utiliser l’humour,

Être sérieux et droit ?

Non merci !

Je préfère faire la cour,

Ou enfreindre la loi !

Cesser de braver l’interdit ?

C’est-à-dire arrêter de s’amuser.

Monsieur, je vous dis : Non merci !

Car je ne veux guère vous ressembler.

Perdre mon adrénaline quotidienne,

En échange d’une douceur aérienne ?

Non merci ! Non merci ! Non merci !

Mais rire, jurer ou prendre des risques,

Sont mes droits, que personne ne confisque !

Encore des oreilles…

Ah non…. Tenez…

Curieux : « Vous servent-elles de boucliers

Quand vous partez jouer les guerriers ? »

Avaricieux : « Quel coffre-fort imparable pour ma fortune !

Toute la place pour mes pièces ! Pour vous, aucune !

Pratique : Plus besoin de paniers,

Pour transporter vos courses !

Peut-on les refermer

Comme on ferme les bourses ? »

Comique :  » Votre épée doit être collée à son fourreau

Si celle-ci vous sert de coton-tige ! »

Prévenant : « Faites attention au vertige

Le vent frais pourrait vous emporter bien haut ! »

Effrayant : « Les araignées, la nuit couchant dans vos oreilles,

elles y font leurs nids, et cela vous réveille !

Ou enfin, en prévenant la foule : Ne riez pas !Il pourrait vous entendre,

Et d’un coup de son épée, il pourrait vous pourfendre ! »

 

Oscar B

 

Les oreilles de Cyrano, suite

Ah non…. Tenez :

Agressif : « Moi, Monsieur, si j’avais de telles oreilles

Il faudrait impérativement que je me les collasse ! »

Descriptif :  » Ce sont de vraies ombrelles ! Ce sont des parasols !

Que dis-je des parasols ? Ce sont des paraboles ! »

Curieux :  » Que faut-il pour les nettoyer ?

Des coton-tiges ou bien des balais ? »

Gracieux : « Aimez-vous à ce point les éléphants,

Pour désirer leur ressembler autant ? »

Prévenant : « Grâce à vos deux flotteurs pour nager

Ne vous embêtez pas à prendre une bouée ! »

Dramatique : « Pouvez-vous trouver le silence

Avec un aussi grand nombre d’interférences ? »

Naïf :  » Ces deux tours, quand les visite t-on ? »

Campagnard : « Hé l’ami, c’est-y des oreilles ? Ou

C’est queuqu’poivrons géants ou ben quequ’feuilles de choux !? »

Militaire : « Déployez les voiles ! »

Pratique : « Vu toute la cire que vous avez

Vos sauces doivent être bonnes et aromatisées ! »

 

Alban A

 

Si Cyrano avait eu de grandes oreilles…

Voici quelques tirades écrites par des élèves de 4°. Je n’ai pas pu résister au plaisir de les partager avec vous.

 

Ah ! Non ! C’est un peu court jeune homme !

On pouvait dire… Oh Dieu ! Bien des choses en somme…

En variant le ton, – par exemple, tenez :

Vantard : « J’ai de si majestueuses oreilles

Que Dumbo l’éléphant n’en a pas de pareilles.

Musical : « Si j’avais de si beaux écouteurs

Je pourrais ouïr la musique la meilleure !

Pratique : « On pourrait s’envoler grâce à elles

Comme le plus grand des oiseaux grâce à ses ailes ! »

Aérien : « Faites les tourner sur elles-mêmes,

Pareilles aux éoliennes qui en en font de même ! »

Envieux :  » Si j’avais de si belles esgourdes

Jamais, au grand jamais elles ne deviendraient sourdes ! »

Secret : « Avec vos oreilles de plus d’un mètre,

On peut entendre les mots à plusieurs kilomètres ! »

Jaloux : « Elles sont tellement décollées,

que Gainsbourg lui-même doit vous les envier ! »

Grossier : « Quand tu te nettoies les portugaises

Les coton-tiges sont certainement balaises ! »

Lunaire : « Le médecin pour vous examiner

Un télescope géant doit utiliser ! »

Hivernal :  » Pratique pour vous envelopper

En cape elles peuvent vous emmitoufler ! »

 

Thomas B

Parole d’élève

6 juin 2016

Madame, s’ils avaient choisi « demain dès l’aube » comme code, cela aurait été trop facile à déchiffrer !

J’adore !

 

Le chevalier et la licorne

 

Jadis, dans un royaume lointain où régnait le bonheur et la paix, la souveraine tomba gravement malade et seules les fleurs qui poussaient dans la forêt interdite pouvaient la sauver. Selon la légende, ces fleurs pouvaient guérir toutes les maladies. Le roi envoya donc le plus brave de ses chevaliers : Gauvain.

 

Gauvain marchait dans la forêt interdite. Cette forêt s’appelait ainsi car elle serait le refuge de créatures féeriques, bonnes et mauvaises. Il paraîtrait que les hommes qui s’y sont aventurés ne sont jamais revenus. Il fut tiré de ses pensées par un cri, ou plutôt un hennissement, qui se fit entendre. Gauvain accourut mais fut cloué sur place, estomaqué par ce qu’il vit : une bête ressemblant à un cheval blanc avec une queue et une crinière arc-en-ciel possédant une corne torsadée sur le front. Cette bête fabuleuse se défendait tant  bien que mal contre  un serpent géant qui crachait du feu. Gauvain eut vite choisi son camp et dégaina son épée pour venir s’interposer entre les deux animaux. Il allait combattre le serpent car qui voudrait s’en prendre à un animal aussi pur qu’une licorne ? Gauvain brandit son épée, approche le prédateur et l’attaque. Malheureusement, l’être venimeux, plus rapide, enfonce ses crocs dans le bras du chevalier. Mais le prud’homme ne se laisse pas faire, malgré la douleur, il se rue sur le serpent et le tranche en deux d’un coup. La vie quitta l’être maléfique avant même que son corps ne tomba sur le sol. Gauvain se retourna pour s’assurer que la licorne était saine et sauve. La créature féerique s’incline devant lui en signe de remerciement. Elle s’avança vers le bras meurtri de son sauveur et, dès que sa corne le toucha, la blessure se referma. Gauvain rangea son épée et s’aperçut qu’il y avait, à ses pieds, la raison de sa venue : les fleurs magiques dont sa reine avait tant besoin. Il en cueillit quelques unes et commença à repartir quand il remarqua que la licorne le suivait. Désormais, quoi qu’il fasse, où qu’il aille, elle l’accompagnerait.

 

De Anna Daligault

écrivain de 5°

 

Fulbert et le Loup

À la manière de… Yvain, le chevalier au lion (Chrétien de Troyes)

 

Après avoir trahi sa famille, Fulbert fut chassé de chez lui, abandonné à lui même. Il décida d’aller se réfugier dans la forêt. Alors que Fulbert marchait tout pensif, il entendit derrière un buisson des hurlements mêlés à des cris d’agonie. Il s’approcha et il vit un ours combattant un loup. Malgré ses griffes pointues le loup était dominé. Fulbert sans hésiter accourt au secours du loup. Il lance un bâton dans la tête de l’ours pour le distraire et il lui plante son épée dans le ventre. L’ours pousse un cri terrible, vacille et s’écrase par terre dans un grand nuage de poussière. Fulbert après avoir tué l’ours, s’approcha du loup pour le soigner. La pauvre bête avait les oreilles en lambeaux et la gueule ensanglantée. Fulbert rinça les plaies avec l’eau de son outre et il posa des feuilles dessus. Après quelques jours le loup était guéri. Fulbert n’eut pas besoin d’apprivoiser le loup car il n’était pas agressif et il semblait reconnaissant. Depuis ce jour ils ne se quittèrent plus et ne firent qu’un.

Arthur Pontais

Élève de 5°

Œuvres d’élèves…

À tous ceux qui pensent que gna gna gna les jeunes de maintenant, etc… etc…

Laissez moi vous présenter quelques travaux de mes élèves de 3°. Nous avons travaillé sur l’autobiographie. Se raconter soi-même. Le support était bien sûr pris en compte. Tout le monde avait sa chance et les élèves disposaient de six mois pour rendre le travail.  Un diaporama est en cours de réalisation pour dire à mes écrivains en herbe combien je suis fière d’eux !

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Livret + montage vidéo                                                        Livret caché dans un œuf en chocolat noir, fait                                                                                                            maison