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Départ

 

Et te voilà parti, mon tricoteur d’étoiles

Le ciel swingue pour toi sur un air de Miller

Et Suzanne t’emmène écouter les sirènes

Quelque part, pas trop loin, tout au fond de mon cœur

Vous voilà réunis et je n’ai plus de peine

Je te sais libéré, et apaisé enfin.

 

Mais que je me sens seule et que le cœur me fend !

 

La forêt ton amie et la biche et le faon

Te chuchotent à l’oreille qu’ils ne t’oublieront pas.

Les plages du Maroc se souviendront de Toi.

Les vagues, les embruns te chantent ta chanson.

Qui parle de départ, d’horizons inconnus.

Oui la vie te pesait, te voilà libre enfin !

 

Mais que je me sens seule et que le cœur me fend

 

Il me reste maintenant un air de Glenn Miller

In the mood mon ami et aussi la jetée

De Honfleur, la jolie, où je retournerai,

Mon bouquet de statis un gros pull tricoté

Ce que l’on s’est donné, ce que tu m’as appris.

Nos rires partagés, une danse, un sourire.

 

Mais que je me sens seule et que le cœur me fend

 

Angano

Ouvre-moi, mon frère

J’ai frappé à ta porte,
j’ai frappé à ton coeur
pour avoir un bon lit,
pour avoir un bon feu.
Pourquoi me repousser ?
Ouvre-moi, mon frère !…

Pourquoi me demander
si je suis d’Afrique,
si je suis d’Amérique,
si je suis d’Asie,
si je suis d’Europe ?
Ouvre-moi, mon frère !….

Pourquoi me demander
la longueur de mon nez,
l’épaisseur de ma bouche,
la couleur de ma peau
et le nom de mes dieux ?
Ouvre-moi,mon frère !….

Je ne suis pas un Noir,
je ne suis pas un Rouge,
je ne suis pas un Jaune,
je ne suis pas un Blanc,
mais je ne suis qu’un homme.
Ouvre-moi, mon frère !…

Ouvre-moi ta porte,
ouvre-moi ton coeur
car je suis un homme,
l’homme de tous les temps,
l’homme de tous les cieux,
l’homme qui te ressemble !…

René Philombé

Croire au Père Noël…

Croire encore au Père Noël dans un monde, qui, hélas,

Ne fait plus de cadeau ?

Le froid revient, blanc et menaçant…

Couleur de fête et de Noces,

Couleur de deuil, Paradis blanc.

Un clown meurt à Alep, ami des enfants blessés,

Orphelins,

Apeurés.

Nos arbres de Noël se couvrent d’écharpes

Offertes aux plus démunis.

Une petite fille aux allumettes quelque part dans le monde se réchauffe les doigts.

La coccinelle

Pleure son Marcel.

Quelque part en Bretagne, entre Fougères et Rennes, une famille tremble d’être expulsée.

Retour en Albanie.

Où les enfants ne sont pas nés, où ils n’ont pas grandi.

Ils ne croient plus au Père Noël, mais croyaient en cette patrie.

Lirie, Artan, Kledian, Gentian,

Quel sera votre Noël si vous partez loin d’ici ?

Et nous ? Que pouvons-nous faire ?

Qui soit plus fort que le froid et la peur ?

Alors oui, je suis désolée

Si mon texte est un peu triste.

J’aimerais vous parler des sapins décorés, du vin chaud, de rires et de tendresse,

De chants d’enfants, « petit papa Noël », cadeaux déballés.

De repas de famille, champagne aussi

Pour certains, messe de minuit.

Vous parler enfin de cet amour,

Dont nous avons tant besoin.

Tant besoin.

Une main qui se tend

Comme il me l’a été demandé, voici ma petite contribution à l’action « 100 poèmes en soutien à la famille Karasani »

Une main qui se tend,

Je voudrais vous offrir la chaleur.
La chaleur du nid, celle du foyer
Celle du cœur.
Mon amitié.
Et puis des rires aussi
Et le bonheur.
La joie pour vos enfants
Qu’ils n’aient plus jamais peur.
Cette peur des lendemains
Qui ne chantent pas toujours.
Lirie, Artan
Je ne vous connais pas
Et pourtant…
Gentian, Kledian
Comment vous aider ?
Où va ce monde
Qui repousse et qui condamne ?
Ici, ailleurs
Comme une balle
En plein cœur.
Lirie, Artan,
Vous êtes ici chez vous,
Ou je ne suis plus chez moi.
Ma main et ma plume
Ne sont pas grand-chose,
Quelques petits mots,
Et je vous tends mon cœur,
Pour soulager vos maux
Nous vous tendons les bras.
Nous sommes là, pour vous, près de vous.
Et nous ne vous abandonnerons pas.

Christelle Angano

Octobre 2016

Aux enfants de Syrie et d’ailleurs…

À l’heure où on bombarde des écoles…

 

Aux Enfants que je  ne sauverai  pas

 

La Planète se meurt, crie sa désespérance

Petit enfant du Sahel au ventre tendu

Gamine violée, violentée dans sa chair,

Fillettes excisées par la main d’une mère.

Jeunesse que l’on musèle, dont on étouffe la voix,

Petite sacrifiée au fin fond de l’Asie,

Fillette abandonnée, sacrifiée quelque fois,

Désespoir et souffrance ; impuissance de sa mère.

Enfants soldats, Enfants martyrs, Enfants esclaves, Enfants perdus.

La Planète se meurt de cette hémorragie

Du sang de ses enfants, du massacre incessant.

Elle s’éteint doucement dans leurs yeux de Silence,

Quand la Nuit nous recouvre d’un manteau uni.

 

De sel et d’écume

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Embrasser l’infini fait de gris azuré
Se laisser envelopper par ses vagues caressantes
Se laisser caresser par une onde enveloppante
Regarder, avancer, s’éblouir, respirer.
Retrouver dans la mer qui l’on était, enfant
Jouer dans l’azur, plonger, s’étourdir
Sauter, s’ébrouer, et retrouver ce sourire
Qui réside en chacun, ce petit Peter Pan.
Devenir les amis de la dune et du vent
Amis des vagues et du sel, chants de mouettes
De goélands. Enfin s’éloignent les silhouettes
Des amis de l’écume, amants des océans.

Christelle Angano (29 juin 2016)

Le tour du monde en quatre-vingts grands-parents

Faire un tour du monde à travers des témoignages sur des grands-parents, pour mieux comprendre ce qu’ils ont vécu, traversé et transmis, ce qui a constitué, pour eux, les divers événements de l’histoire récente dans différents pays : confort et conditions de vie, joies et difficultés au quotidien, conflits, mouvements de population.

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C’est un peu difficile pour moi de vous parler de mes grands-parents.

Suzanne est née en 1923, près de Saint Gatien des bois. Et je l’ai perdue, il n’y a pas très longtemps. Heureusement, j’ai eu le temps de lui caresser ses blancs cheveux, de lui chanter La mer de Charles Trenet, une fois, deux fois. De lui dire enfin qu’elle était la femme de ma vie.

Il faut vous dire qu’elle m’a élevée, avec Raymond. J’ai pu grandir, au creux de leur amour, dans leur pavillon de Saint Gatien des Bois. D’ailleurs, c’est moi qui les ai surnommés ainsi. Tonton et Zazanne. J’étais toute petite et elle se levait le matin, pour me faire mon chocolat. Parfois, souvent, pour me faire plaisir, elle me préparait son merveilleux riz au lait. Je n’en ai jamais mangé de meilleur. Je ne veux plus en manger.

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Naufrage

La mer

Je sombre

L’amer

J’étouffe

Ta main

Et La Mort

Mes larmes

Un cri

Le sel

Me brûle

J’étouffe

Tu coules

Nos corps

Dérivent

Une côte

Des rives

Je meurs

Il flotte

L’Enfant

Radeau

Perdu

Adieu

À Diable

Aussi

Mon souffle

S’étiole

Mes yeux

Se voilent

Je bois

Je crache

J’avale

Me noie

Je meurs

Naufrage.

 

Christelle Angano

20 Avril 2015

Naufrage

La mer

Je sombre

L’amer

J’étouffe

Ta main

Et La Mort

Mes larmes

Un cri

Le sel

Me brûle

J’étouffe

Tu coules

Nos corps

Dérivent

Une côte

Des rives

Je meurs

Il flotte

L’Enfant

Radeau

Perdu

Adieu

À Diable

Aussi

Mon souffle

S’étiole

Mes yeux

Se voilent

Je bois

Je crache

J’avale

Me noie

Je meurs

Naufrage.

 

Christelle Angano

20 Avril 2015