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La voix humaine, Jean Cocteau

Soudain le souvenir de cette émotion.

Un texte bouleversant et une voix qui prend les tripes. La très grande Simone Signoret.

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lever des couleurs, P Reverchon

(oui mon georges depuis toi elles s’appellent toutes fernande.. avec un clin d’œil à notre boby.. cherchez !)

bandez moi
comme un arc
plein ciel…
votre triomphe
direction
vos sens et
d’érections
insensées
faites moi choir
votre bon vouloir
à votre bon cœur
à la bonne heure
droit comme un i
au garde-à-vous
des matinales
le bâton de midi
au cadran solaire

bandez moi
entre vos doigts
en vos palais
fraîcheur en bouche
glace vanille
ou glace citron
l’amertume
léchez l’alléché
laissez fondre
à l’étuvée
juste laisser partir
et faites revenir
je te l’accorde raide
ô verge marie
brûler le cierge
donnez le vertige
au cénobite

bandez moi
sur le grand mât
d’un jeu de langue
faites des vagues
d’un toucher de lèvres
croire au rêve
lichez les gouttes
aller retour
sur des mystères
voyager encore
d’une main habile
les yeux fermés
fendre les vents
écarter les nuages
laisser aller
expirer l’inspirée
au creux de vos paumes

bandez moi
comme un arc
plein ciel
à la lune
pistez les étoiles
dans mes yeux

bandez moi
exploser en votre bouche
comme un fruit mûr

qui ruisselle

dégouline

s’évanuit…

Variations sur le manque, P Reverchon

variations sur le manque

(en direct de mon état désuni)

je moisis en poste restante
abonné aux amours absentes
de l’utilité du rien…
à la futilité de tout
signe astral pro-lémurien
ascendant chez vieux matou

il fait beaucoup plus froid
depuis que tu n’es plus là
je me dévaste de déplaisir
à tomber en lambeaux de peau
la tienne pour unique loisir
princesse j’en bave de crapaud

je te veux chaude
à me bleuir
que tu me suicides
dans tes sanctuaires humides
que tu m’azures
de tes morsures
des arcs-en-ciel
à mes usures
cicatricielles
(son mari ! !)

tu m’as quitté sans résistance
de toi je recèle ici l’ombre
de nos vertiges en déportance
là nos ébats sulfureux en trombe

de mes entrelacs
à tes entrechats
pas de deux pas de nous
patatras à genoux

je te veux chaude
à me blêmir
je peux pas oublier
pas encore

là tu la vois la balafre
au cœur
qui suinte qui fleure
mes affres

je vais fermer les volets
tu sais ça me rassure

Jolie phrase …

« Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible. »
Albert Camus,

L’Été, 

« Retour à Tipasa », 1952

Albert Camus

Et puis, au pire …

Il est certains esprits …

I1 est certains esprits dont les sombres pensées
Sont d’un nuage épais toujours embarrassées ;
Le jour de la raison ne le saurait percer.
Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L’expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Surtout qu’en vos écrits la langue révérée
Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée.
En vain, vous me frappez d’un son mélodieux,
Si le terme est impropre ou le tour vicieux :
Mon esprit n’admet point un pompeux barbarisme,
Ni d’un vers ampoulé l’orgueilleux solécisme.
Sans la langue, en un mot, l’auteur le plus divin
Est toujours, quoi qu’il fasse, un méchant écrivain.

Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse,
Et ne vous piquez point d’une folle vitesse :
Un style si rapide, et qui court en rimant,
Marque moins trop d’esprit que peu de jugement.
J’aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène,
Dans un pré plein de fleurs lentement se promène,
Qu’un torrent débordé qui, d’un cours orageux,
Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux.
Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. […]

Nicolas Boileau , Chant I

Acrostiche

Ma petite princesse aux jolis doigts de fée

Ecoute le printemps se lever sur tes lèvres

La vie s’offre à Toi, ma fragile adorée

Insolente de force, ma  grande fierté

Ne te retourne pas,  continue d’avancer

Aie confiance en la vie, et laisse-toi aimer.

 

Sonnet

 

 

Sonnet pour celui qui ne voulait pas vieillir …

 

N’aie pas peur mon ami de  l’Automne qui vient.  

Laisse le vent  t’enlever dans sa course folle, 

La forêt t’habiller du parfum des  girolles,

L’automne est toujours un Printemps qui se souvient.       

 

 

Ne crains  pas  les rides creusant ton cher visage

Cette course du temps ne peut pas être vaine.

Elle offre à ton âme la sagesse du chêne 

L’automne t’embellit et n’est pas un naufrage.

 

 

les feuilles s’impatientent, et prennent leur envol. 

En amie la forêt cueille leur farandole.

Ne pleure  pas l’Eté si  facile à aimer,

 

Et surtout mon ami n’aie pas peur de l’Hiver

L’arbre n’est jamais seul au cœur de la forêt

Quand les feuilles reposent sur leur tapis de terre.

 

Christelle Angano