Je te garde au chaud, au creux de mes mots

Alors qu’ils reprenaient la direction du vieux bassin, ils furent surpris par une grosse averse d’orage. Les gouttes s’écrasaient sur eux, noyaient tout sur leur passage. Bientôt, Le Havre disparut derrière un rideau épais, sombre et menaçant. Ils se réfugièrent « chez Suzanne », une petite crêperie sur le port, où ils furent accueillis par une ravissante grand-mère. Pas très grande, les cheveux blancs coupés au carré. Son gilet rouge mettait en valeur son teint hâlé par le soleil et l’air iodé et on était tout de suite séduit par son regard bleu et rieur. Elle les accueillit comme une aïeule accueillerait ses petits enfants, insista pour leur apporter une serviette de toilette pour se sécher, inquiète à l’idée qu’ils pourraient prendre froid. Julie Anne se sentit bien près de cette femme. Quand, au lieu de choisir une crêpe, elle opta pour une escalope de veau à la crème, la vieille femme sourit :

– On dirait ma petite fille. En général, elle finit par une crêpe aux pommes.
– Votre petite fille a un goût certain, je vais faire pareil …

In « Une Sonate et La Dame de Fécamp »

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