Une pensée pour Clara

 

 

La maison de Clara

Ce jour où tout bascula

Barneville-la-Bertran, 19 juin 1944 5 h du matin. Le jour se lève doucement sur Barnevillela-Bertran. Tout est éteint dans la jolie maison à colombages. Les volets sont fermés, les lumières éteintes. La maison est silencieuse, peut-être encore endormie. Si l’on tend l’oreille, on peut percevoir le chant cristallin du petit ruisseau qui s’écoule gaiement derrière la maison ; celui-là même qui faisait le bonheur des enfants, au temps des vacances et des écrevisses que l’on pêchait, les pantalons retroussés sur les mollets, quand les cousins venaient aux beaux jours.

Pourtant, si aujourd’hui, tout a l’air calme et serein, ce n’est qu’apparence. Nous sommes le 19 juin 1944. Bientôt, dans quelques minutes à peine, des soldats allemands viendront arrêter la locataire des lieux, Madame Clara Chompton. Effectivement, les voilà qui arrivent. Ils frappent à la porte brutalement. Clara est seule. Robert, son fils, et sa jeune épouse, Suzanne, sont absents, heureusement. Le jeune couple, tout juste marié, vient d’emménager à Vasouy, près d’Honfleur. De toute façon, c’est bien elle, Clara, que l’on vient chercher. Sans ménagement, on l’emmène à Honfleur, à la Kommandantur. On a des questions à lui poser, au sujet de parachutistes britanniques qu’elle aurait aidés. Et puis, Clara Chompton, née Matthews, bien que naturalisée française, reste d’origine anglaise, et bien sûr, cela ne joue pas en sa faveur en ce mois de juin 1944. Nous sommes en pleine bataille de Normandie et les troupes allemandes sont « sur les dents ».

Extrait… pour ce jour tristement anniversaire. Il y a 76 ans, Clara était arrêtée

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